lundi 3 août 2015

Il faut que je vous dise...

Source: http://www.voisinedeoliennesindustrielles.com/







Chaque jour de ma vie je contemple de ma fenêtre un spectacle merveilleux fait de nature, de nature et encore de nature. Je peux étendre les bras et sentir la force merveilleuse qu'elle peut donner. Je la regarde et je ressens immédiatement une onde de bonheur traverser mon être. Elle est à portée de ma vue, à portée de mon âme, elle habite avec nous. J'ai cette chance immense de pouvoir l'aimer au quotidien, de pouvoir l'oublier même quand tout va trop vite, parce qu'elle ne m'oublie pas. C'est un rapport de confiance, complètement naturel.



Si l'implantation d'éoliennes industrielles ici, pouvait lui donner une chance de continuer d'être aussi forte et aussi belle pour ceux qui me survivront, si l'implantation d'éoliennes ici pouvait alléger son fardeau et lui garantir encore l' espace qui la sauve et qui nous sauve, pensez-vous que je me battrais contre cela?


Je sais, parce que je les vois, que les éoliennes ne sont pas des amies de la nature. Elles s'y incrustent, bétonnent son sol, tuent sa faune, sèchent sa terre, balaient ses nuits de leurs lumières industrielles clignotantes, grincent, grognent, sifflent, crachent leurs litres d'huile sale parfois dans ses entrailles... Elles lui sucent son âme, volent sa force, salissent sa pureté. Elles privent nos enfants de cette chance immense de rester connecter à son réseau invisible. Rien à voir avec Wi-Fi et autres liaisons Internet. La nature ne détruit rien en eux, elle les rend forts, elle leur donne des racines, elle parle à leurs émotions, elle leur donne le goût du beau, de l'effort, des autres. Elle panse leurs plaies quand ils souffrent sans rien faire d'autre que de leur offrir son espace, ses silences, ses bruits vivants, la force de ses arbres, la magie de ses couleurs et surtout elle les rassurent parce qu'elle traverse le temps avec grâce et détermination.


Miter son territoire de ces usines gigantesques c'est couper les dernières branches qui nous portent encore. Y penser ou regarder les prémices de ce qui se trame me remplit de tristesse.


Si les gens pouvaient cesser de croire aux miracles et simplement les vivre... Je vais réfléchir à tout cela le temps d'une....PAUSE


Commentaire:

 «...C'était la saison des étoiles filantes et je me demandais pourquoi elles choisissaient pour tomber le même mois que les fruits mûrs. Couché sur le dos, je me perdais dans le ciel ; je me promenais sur la Voie Lactée, grimpais sur la Grande Ourse comme sur un arbre, m'égratignais les mains en me hissant sur le Chariot, fréquentais Sirius, ramassais à mes pieds certaines étoiles sans nom et trop humbles pour oser me le dire: Je les portais à mon oreille pour guetter leur murmure comme celui des coquillages et me mettais à jongler avec Castor et Pollux, dont on méconnaît en général les humeurs espiègles. Je m'endormais ainsi en plein rêve et lorsque je me réveillais, tout ce tapis étincelant et brodé avec un si profond souci de plaire au regard avait disparu».

Les enchanteurs de Romain Gary (1914-1980)







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