samedi 20 décembre 2014

Le jardin sans pétrole - Dans la brume hivernale, l’émerveillement naît des détails de la nature

CHRISTINE LAURENT (REPORTERRE)
dimanche 21 décembre 2014





Jardiner dans la grande ville ? Difficile. Alors Christine s’échappe toutes les fins de semaine, pour maraîcher et observer la nature. - La brume hivernale a recouvert le jardin où règne une atmosphère laiteuse et glaciale. Mais l’émerveillement surgit devant les gouttelettes d’eau de pluie accrochées à la branche d’un arbre et des champignons qu’on croirait venus des fonds marins.


Une brume légère flotte sur la Seine tandis que nous traversons le pont d’Austerlitz. Passé Juvisy, la brume s’épaissit. À travers les vitres du RER, le paysage semble défiler derrière un papier calque. Nous avons ajouté les gilets anti brouillard à nos bagages pour pédaler jusqu’au jardin.

Il règne une atmosphère laiteuse avec un ou deux degrés au-dessus de zéro. La nuit, il gèle maintenant, en témoigne le glaçon tombé du pluviomètre, lequel indique cinq centimètres. C’est beaucoup d’eau en une semaine ! Pas une feuille, pas une brindille de bois mort n’a échappé à l’humidité et notre page de journal ne nous permet pas d’allumer le poêle-parpaing.

Nous déjeunons d’une salade de choux, d’un bout de pâté de l’Aveyron accompagnant le pain de La conquête du pain, coopérative de Montreuil-sous-Bois, et d’une pomme.






Après avoir retourné le deuxième bac de compost, nous partons nous promener dans les bois. On n’y voit pas très loin, mais l’émerveillement naît des gouttelettes d’eau de pluie accrochées à la branche d’un arbre, des champignons que l’on croirait venu des fonds marins, des fruits rouges vifs du cynorhodon luisant d’humidité dans les camaïeux bruns de la forêt.

Ces petites baies oblongues sont les fruits des églantiers (Rosa), des rosiers sauvages qui ont, au fil du temps et des hybridations volontaires, donné naissance aux mille-et-une variations de la rose des jardins. Leurs fruits sont connus sous le nom de gratte-cul car elles contiennent une bourre piquante, le poil à gratter, dont les enfants s’amusent.

Le froid a rendu les baies blettes de telle sorte qu’en les pressant doucement entre le pouce et l’index, il en sort une compote un peu grasse et délicieusement acidulée. La teneur en vitamine C de cette friandise sylvestre est supérieure à celle du navet, laissant l’orange de Floride, dont on nous vante les bienfaits, loin derrière !





Nous rapportons de la salade, des laitues et de la mâche, un chou cabus, un chou-rave, deux poireaux, cinq belles carottes, de l’oseille et quelques pousses de cardamine hirsute dont la saveur piquante réveille les salades.

En repartant vers la gare, nous passons sous le plaqueminier délaissé et faisons un nouveau plein de kakis.

Commentaire : Est-ce vouloir retourner «à l'âge de pierre» que d'admirer et de respecter la Nature? L'homme n'est pas seulement un loup pour l'homme, il l'est aussi pour le reste.


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