mardi 5 mai 2015

Suisse: Jacqueline de Quattro, les éoliennes et le cancer

Publié le mai 4, 2015 par ventdefolie





Dans un de vos récents posts, vous avez, Chère Voisine, attiré mon attention sur une question soulevée par Madame Jacqueline de Quattro dans une de ses récentes interventions radiophoniques. Écoutez plutôt!



LES SUGGESTIONS DE MADAME DE QUATTRO

Ce billet a pour but d’examiner quelques déclarations présentes de JdQ. L’éolien est une énergie propre ne produisant pas de CO2, bien acceptée par la populationet écologique

Je ne vais pas revenir sur ces affirmations au sujet desquelles nos opinions divergent fortement. Vous pouvez suivre les liens pour vous rendre compte que ceci ne reflète pas tout à fait la réalité…Mais j’aimerai me pencher sur une phrase et tout d’abord en rectifier le message.

Jamais les opposants n’ont été raconter que les éoliennes donnaient le cancer.

Les infrasons sont responsables de bien assez de maux.

ALORS, CE CANCER?

Mais puisque Madame de Quattro nous amène sur le sujet, je suis allée faire un tour de littérature et j’ai demandé à mon ami PUBMED où nous en étions avec les infrasons. Le moins que l’on puisse dire c’est que les résultats ont été intéressants.

J’ai volontairement zappé les revues de littérature visant à répondre à la question de savoir si oui ou non, le voisinage des éoliennes industrielles étaient délétère pour la santé. Trop de subjectivité pouvant biaiser les conclusions de la revue selon que l’on choisisse, ou non, d’inclure une étude ou un article dans la revue. J’ai cherché à savoir quels étaient les derniers résultats expérimentaux concernant les effets des infrasons sur le vivant. En fait les chercheurs ne chôment pas et c’est tant mieux.

– Modification de croissance cellulaire (-bactérienne), et/ou apoptose (mort cellulaire programmée).
– Stress oxydatif (cardiomyocytes – coeur)
– Modification du comportement sociétal (saumons)
– Modification de la « communication cellulaire », influence sur les taux de glutamate sécrétés par les astrocytes (système nerveux central), le glutamate étant un acteur important dans les processus de mémorisation.
– etc.

Deux groupes d’oies situés à des distances différentes d’un parc éolien ont montrés une croissance pondérale différente: elle était moindre dans le cas de celui situé à 50 mètres d’une machine (versus 500m) et surtout un taux de cortisol significativement plus élevé.

Le cortisol fait partie de la famille des hormones dites de stress. Pour la première fois, à ma connaissance, le lien physiologique dose-réponse entre distance avec une machine et réponse de stress mesurable est établi, même si, selon le titre et les conclusions de l’article, il s’agit d’un travail préliminaire et que d’autres études sont à faire.

TERRE DE FEU-FEU FOLLET-LAIT DE VACHE-VACHE DE FERME…

Vous connaissez tous cette comptine. Vous savez aussi que sur Vent de Folie, j’ai pris l’habitude de tirer un fil et de le suivre pour savoir où cela nous mènerait. Je ne vais pas changer un système qui marche et je vais partir du postulat suivant:

ÉOLIENNE = MODULATION DU STRESS = MODULATION DE LA SÉCRÉTION DE CORTISOL.

Ce qu’on savait déjà pour autant que l’on se soit donné la peine d’écouter les témoignages de riverains de machines.
Je suis retournée sur PUBMED et Google pour savoir quels liens étaient décrits entre le stress, le cortisol et le cancer. Là encore, la littérature est abondante:

– Les corticoïdes, groupe auquel appartient le cortisol,sont connus pour être immunosupresseurs.
– Des taux de cortisol différents entre patientes saines et atteintes d’un cancer du sein, sans relation avec le fonctionnement psychologique de celles-ci.
– Le cancer peut, selon certains aspects, être considéré comme une maladie où l’immunité fait défaut. D’où l’approche de l’immunothérapie pour certains cas.
Une preuve expérimentale directe que les hormones de stress peuvent augmenter le potentiel invasif des cellules cancéreuse de l’ovaire.


Concernant ce dernier papier, nous pouvons écrire le postulat suivant:
CORTISOL = POTENTIEL INVASIF D’UNE LIGNÉE OVARIENNE MALIGNE SIGNIFICATIVEMENT AUGMENTÉ

En les mettant côte à côte, nous aurions:
A/ÉOLIENNE = MODULATION DU STRESS = MODULATION DE LA SÉCRÉTION DE CORTISOL
B/CORTISOL = POTENTIEL INVASIF D’UNE LIGNÉE OVARIENNE MALIGNE SIGNIFICATIVEMENT AUGMENTÉ.

Certes le raccourci, le chat aime le poisson, le poisson aime l’eau, donc le chat aime l’eau n’est pas toujours pertinent, mais…

TOUT CHERCHEUR QUI SE RESPECTE NE PEUT ÊTRE QU’INTERPELLÉ PAR CES RÉSULTATS.

Vous l’avez lu, l’expérience des oies indique qu’il s’agit de tests prélimininaires. Qui dit préliminaire dit aussi nouvelles expériences à conduire pour compléter les données. La question de savoir quel rôle joue le cortisol dans le cancer est compliquée et débattue. Dans le petit inventaire ce dessus, nous avons au moins un article démontrant expérimentalement la malignité avérée du cortisol dans le processus cancéreux.

UNE PISTE EXPÉRIMENTALE?

Il y aurait pourtant un moyen relativement simple de répondre à la question évoquée par ces articles de la littérature scientifique, pour faire court et avec les mots de Madame de Quattro: Les éoliennes donnent elles le cancer oui ou non? Le peuple des rongeurs de laboratoire (et nous lui adressons un immense merci touché pour service rendu à l’Humanité) comporte plusieurs modèles et plusieurs souches développant différents cancers et autres pathologies, hypertension, diabètes, j’en passe et des meilleurs. La prévalence est connue de même que l’âge de l’occurrence. Il serait facile d’exposer plusieurs groupes à différentes distances de machines, versus des groupes contrôles élevés dans les mêmes conditions mais sans éoliennes. Points à observer: reproduction, comportement du groupe, comportement des mères avec leurs petits, croissance pondérale, prévalence des tumeurs, etc…

LE BRUIT À EXCLURE

Le premier groupe des oies ci-dessus a été placé à 50m d’une machine, là où selon les partisants des hélices, il n’y a PAS de bruit. Selon ce point de vue, la différence de stress observée ne peut donc pas être imputée au bruit, tel qu’on pourrait le concevoir en parlant d’une autoroute. Vous et moi savons qu’il n’y a rien à entendre puisqu’il s’agit d’infrasons par nature inaudible.

ALORS?

Alors je pose la question suivante:
Va-t-on mettre la pédale douce et tenter d’en savoir plus sur la question avant d’exposer la population vaudoise (et suisse) aux 156 machines souhaitées par Madame de Quattro en conduisant des études expérimentales ou va-t-on jouer à la roulette russe et considérer les habitants de ce pays comme des cobayes?

Dans ce cas, on pourrait s’inspirer de ce protocole où il est proposé de suivre de près les résidents d’EMS et d’observer la modification du taux de mortalité selon la proximité des parcs éoliens. Reste l’épineuse question éthique du consentement éclairé, écrit et indispensable des patients concernés…

Qu’en pensent nos ministres vaudois, Madame de Quattro, en charge du département de l’environnement, et son collègue Monsieur Maillard, chef du département de la santé et de l’action sociale?

Madame de Quattro n’en avait peut-être pas l’intention, mais la question qu’elle a soulevé de manière invonlontaire est pour le moins intéressante et mérite qu’on s’y attarde sans plus attendre compte tenu des ambitions du canton de Vaud en matière d’énergie éolienne!


Commentaire: Les «moutons» deviendront-ils des «cobayes»? Ou les «moutons» deviendront-ils des «loups»?
C'est la question!


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