Haute-Marne, sud-est : le "Pays des failles" est menacé par l'industrialisation éolienne

Le sud-est haut-marnais est un secteur de failles dont certaines sont MAJEURES, voir le village de Belmont. L''implantation possible de centaines d'éoliennes va générer des contraintes sur ces failles et le territoire sera alors en DANGER!

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"Le sud-est de la Haute-Marne se situe sur les premiers effondrements du fossé Rhin / Saône / Rhône, qui est un rift.
A de nombreux endroits, les rivières disparaissent dans les failles, avec parfois l’impressionnante particularité de le faire au pied d’une falaise. Ce qui est le cas des pertes de Grenant retenues pour cette sortie. Ce milieu humide, très étrange, ressemblant à une jungle, présente sur une centaine de mètres, une succession d’entonnoirs, appelés localement « endousoirs », par lesquels l’eau part en tourbillons dans la faille marquée par la falaise qui surplombe le site. C’est une sorte d’étonnante d’anti-source : l’eau ne sort pas de la falaise, mais y entre ! L’accès n’étant possible qu’à pied, et le sol instable, le milieu a été particulièrement bien préservé des activités humaines, « nettoyage » des troncs morts compris. Il présente d’une part des alluvions sablonneuses apportées par le ruisseau qui vient du plateau de grès, ce sol mouvant est profondément entaillé par les « endousoirs », d’autre part la falaise calcaire qui marque la faille, étonnante rupture due à des bouleversements violents. S’y côtoient des sols sablonneux acides, des argiles lourdes, des calcaires denses comprimés par la poussée, des sols rouges issus de la décomposition calcaire, et par conséquent une végétation de milieux gréseux acide humide, une végétation de milieu argileux humide et une végétation de falaise calcaire humide. Le contraste entre ces milieux est particulièrement intéressant et l’ensemble donne une illusion de jungle foisonnante et préservée.
La falaise présente en outre une dalle basculée plongeant dans la faille, d’où remonte la froideur des profondeurs, une grotte et autres curiosités.
En chemin, des oseraies, témoins de l’activité vannière du secteur, profitent de l’humidité ambiante d’un sol qui, à ce point, est argileux.
Nous nous rendrons ensuite à la Fontaine Couverte de Coublanc, la résurgence de plusieurs pertes de faille. La rivière sort « toute faite » dans la prairie, d’une grotte située au pied d’une falaise qui n’est autre que le pendant sud de celle que nous avons vue au nord. Ce site magique est classé ZNIEFF. La résurgence se jette rapidement dans le Saulon / Salon, un affluent de la Saône.
La sortie sera plus largement étayée par une lecture détaillée des cartes géologiques et une compréhension des failles et des roches de cette région
Si la nuit ne nous surprend pas avant, les personnes qui le souhaitent auront la possibilité de poursuivre la visite sur l’affleurement de gneiss de Bussières-les- Belmont. Ce sommet de volcan mis à jour par l’érosion d’un ruisseau a été exploité en carrière au XIXe siècle. Dans le lit du ruisseau, on trouve à la fois des fragments de gneiss et des roches très diverses, d’une extrême densité, issues d’une faille importante qui traverse les lieux. La végétation de ce vallon humide au sol très ingrat quasiment dépourvu de substrat est elle-même intéressante, particulièrement par la manière dont les plantes arrivent à prendre ce qu’elles peuvent.
Lieux précis : Ld Roussel, les Endousoirs, commune de Grenant, entre Chalindrey et Grenant, Ld la Fonfaine Couverte, Coublanc, Ld Les Millerys, Bussières les Belmont.
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Blandine Vue

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Fin 2019, un tremblement de terre a secoué le village du Teil (Ardèche). Phénomène naturel ou causé par la carrière de calcaire du groupe Laffarge, toute proche ? Mines, barrages, exploitations de gaz de schiste... Depuis plus d’un siècle, les activités humaines sont responsables de séismes, toujours plus nombreux.

Peaugre (Ardèche), correspondance

En 1894, en Afrique du sud, la terre a tremblé. Il aura fallu plus de dix ans pour que l’origine de ces secousses soit reconnue. Il a été causé par une mine d’or avoisinante. Située à Witwatersrand, près de Johannesburg, cette mine, exploitée depuis 1886, produisait près de 40 % de l’or mondial au début du XXe siècle. Ce séisme est le premier de l’histoire attribué à l’humain.
Quelques dizaines d’années plus tard, les séismes provoqués par des activités industrielles se sont multipliés. Au Nevada, en 1935, la terre a tremblé lors de la mise en eau d’un barrage. En France, la création du lac de Monteynard en Isère, a provoqué le 25 avril 1963 un séisme de magnitude 4,9 sur l’échelle de Richter. En Inde, en 1967, le barrage Konya a été à l’origine d’un tremblement de terre de magnitude 6,3.
Le pire séisme du genre est survenu le 12 mai 2008, dans la région du Sichuan, en Chine. Il a provoqué la mort de près de 90.000 personnes. Dans ce cas, la cause anthropique est encore en débat. Situé sur d’importantes failles de la chaîne himalayenne, ce territoire n’est pas étranger aux séismes. Toutefois, la retenue de 320 millions de tonnes d’eau avec le barrage de Zipingpu pourrait bien avoir déclenché un tremblement de terre bien avant que celui-ci ne se produise naturellement. La terre aurait tremblé de 25 à 60 ans plus tôt, d’après différentes estimations. La tension exercée sur la croûte terrestre — ainsi que l’eau infiltrée dans les failles — serait responsable. Certains scientifiques chinois avaient d’ailleurs alerté le gouvernement de ce risque avant même la construction du barrage. 


En Ardèche, un séisme survenu à quelques kilomètres d’une carrière de calcaire

Décréter qu’un tremblement de terre est provoqué ou aggravé par l’activité humaine n’est pas aisé pour les scientifiques. Il faut parfois plusieurs années pour le prouver. Tant que les incertitudes persistent, dirigeants et industriels préfèrent souvent fermer les yeux. À ce titre, l’exemple du séisme du Teil, en Ardèche — obligeant près de 2.000 personnes à être relogées et amenant à l’arrêt de la centrale nucléaire de Cruas toute proche — est éclairant.



Le 11 novembre 2019, des secousses ont été ressenties dans le sud-est de la France. De magnitude 5,4, ce séisme est l’un des plus forts de la décennie en métropole. Immédiatement, des scientifiques de toute la France ont accouru pour chercher à comprendre ce mouvement terrestre inhabituel. Parmi les hypothèses émises, celle du lien avec une carrière de calcaire située près du village du Teil. Cette exploitation est celle qui a lancé le business de la famille Lafarge, en 1833. Presque deux siècles plus tard, elle est encore en activité.
Mardi 18 décembre, un mois après le tremblement de terre, la préfecture de l’Ardèche annonçait, via un communiqué, que le rôle que la carrière « apparaît négligeable ». L’information est reprise par les médias. Le rapport du CNRS, publié quelques heures plus tard, a quant à lui un écho bien moindre. En parcourant ce document de 40 pages, on comprend rapidement que rien n’est tranché.
« Depuis 1945, 30 millions de m3 de roches ont été retirés », explique à Reporterre Christophe Voisin, sismologue et membre du groupe de travail du CNRS. Sous terre, cette masse en moins se ressent. « La contrainte sur la faille sismique a été modifiée de 5 à 10 % », précise-t-il. Un changement qui pourrait avoir déclenché, ou au moins précipité, une rupture des failles déjà présentes. Mais il est impossible à ce jour d’en avoir la certitude. « La question reste ouverte », résume Christophe Voisin. Depuis, plusieurs séismes de plus faible intensité se sont produits aux alentours. En attendant de découvrir ce qui s’est réellement passé, la carrière a repris son activité début janvier avec des tirs de mines de moindre intensité qu’à l’accoutumée.


L’exploitation de la carrière Lafarge se trouve proche de la faille

La fracturation hydraulique augmente le danger sismique Aurait-il fallu interdire la reprise de l’exploitation Lafarge ? « Ce n’est pas au CNRS de prendre cette décision », pondère Jean-Robert Grasso, physicien à l’Institut des sciences de la Terre (Isterre), spécialiste de la sismologie anthropique.


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Les activités industrielles causent de plus en plus de séismes
Pauline De Deus (Reporterre)
20 janvier 2020


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