mardi 1 août 2017

Une puce dans la main pour payer plus vite : la liberté selon l’homme moderne…

https://lareleveetlapeste.fr
par Diane Deswarte
1 août 2017

Commentaire : info ou intox? A suivre...
php


L’entreprise américaine Three Square Market va implanter des puces RFID dans la main de ses employés sur la base du volontariat. La plupart d’entre eux semblent excités à cette idée ! Nous commençons sérieusement à entrer dans l’ère d’un futur inquiétant.

Rencontre fortuite

Il y a plusieurs mois de cela, Tony Danna, le vice-président du développement international de Three Square Market (une chaîne de solutions « micro-market ») a rencontré la startup BioHax dans un espace de co-working et d’incubateur de start-ups en Suède appelé « l’épicentre ». BioHax International, dirigé par Jowan Osterland a déjà implanté des puces RFID/NFC à plus de 150 personnes pour des questions de « praticité innovante ».




A la fin de sa visite, Tonny Danna était tellement excité qu’il a demandé à se faire poser une de ces puces dans la main – étant donné que Jowan Osterland n’était pas présent, cela n’a pas pu arriver, mais qu’à cela ne tienne, il se fera implanter lors de la prochaine « chip party » (fête de la puce) avec les autres employés de Three Square Market qui ne sont pas encore implantés. Quelques discussions excitantes sur cette avancée technologique, quelques poignées de main signant une négociation bien ficelée et Tony Danna repartait fier comme un coq avec un contrat d’entrée sur le marché américain de la puce implantable. Rondement mené.

Pour l’honneur de l’innovation technologique
Une fois revenu dans ses quartiers, Tony Danna explique aux 80 employés de Three Square Market l’utilité certaine de cette puce, les invitant à se joindre à la première et prochaine « chip party » de l’entreprise qui se tient par ailleurs aujourd’hui, le 1er août 2017. Sur 80 employés, ce sont une cinquantaine qui ont répondu favorablement.

« Nous sommes des innovateurs au sein de cette technologie (…), nous voulions avoir l’opportunité d’en être ! » a expliqué fièrement Tony Danna. Prix du grain de riz électronique ? 300 dollars. A quoi cela peut-il bien servir ? Fini les files d’attente à la cafétéria, fini les mots de passe et les codes pour accéder à son ordinateur/portes/logiciels, plus besoin de carte de paiement ou de billets pour régler ses achats ! La belle vie non ? Tony Danna parle de cette puce comme d’un simplificateur de vie. Habile.

« Il faut avoir la possibilité de ne pas prendre son portefeuille, ou ses clés de voiture… Vous ne risquez plus de les perdre ou de les oublier ! ».



Quid des limites aujourd’hui inexistantes

Si aujourd’hui, les puces utilisées par Three Square Market ne contiennent pas de suivi GPS, il est clair qu’une limite a été franchie. Cette enseigne de micro-marchés fait partie des premières entreprises à utiliser cette technologie. L’innovation et l’ingéniosité ont permis à l’espèce humaine de vivre, d’évoluer, de survivre à travers les siècles, de nous libérer de nos limites physiologiques et de nous offrir un confort inédit. Seulement, aujourd’hui, nous régressons indéniablement, nous concevons avec soin nos limites : cette technologie nous enferme dans notre propre condition d’Homme. Condition de celui qui se croyait tellement malin qu’il ne pourrait pas être mordu par le monstre qu’il a lui même fait grandir.

Aujourd’hui, nous sommes tracés par nos appareils mobiles, nos téléphones, nos ordinateurs – Internet gratuit fait que nous sommes désormais le produit ! Les plus grandes entreprises au monde savent qui nous sommes, ce que nous faisons et la manière dont nous consommons.

A-t-on envie de donner autant de nous-même à l’entreprise qui nous emploie ? A quel point sommes-nous prêts à renoncer à notre liberté au profit d’une relative praticité ? La barrière entre vie privée et vie professionnelle est-elle tombée ? Quelle sera la teneur des limitations en termes de technologie dans la défense de la vie privée ? Comment sera-t-elle appliquée de manière universelle ? N’est-il pas tout simplement trop tard ?

Pincez-nous, nous sommes dans un mauvais film.

Crédits Photo : 32Market

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire