vendredi 29 avril 2016

Éoliennes et Solidarités: La confusion qui blesse

http://www.voisinedeoliennesindustrielles.com/

Commentaire: «Si donc le peuple promet simplement d'obéir, il se dissout par cet acte, il perd sa qualité de peuple
».
Jean Jacques Rousseau (1712-1778)

RÉSISTANCE!
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Idem pour le marché vert de l'électricité.

Le journal "solidarités" est un média nécessaire qui livrent de nombreux articles de qualité et qui permet une visibilité des luttes d'ici et d'ailleurs. En règle générale j'apprécie sa lecture et je mesure en comparaison l'ampleur de la coopération coupable de nos médias conventionnels avec les milieux politiques, financiers, culturels pour diffuser une information orientée et anti-démocratique.


Il y a un sujet pourtant qui a éveillé en moi la méfiance de l'intégrité idéologique de Solidarités, c'est bien entendu le développement de l'éolien industriel en Suisse. On se rappelle que Solidarités Neuchâtel avait appelé à voter oui pour le plan éolien cantonal. Un coup de tonnerre sur la crédibilité de ce mouvement qui se présente anticapitaliste, féministe et écologiste pour le 21ème siècle.


Je me suis déjà exprimée sur ce qui m'a choquée dans cette prise de position en son temps. En lisant ce matin leur dernier numéro, je tombe sur un petit article qui traite de la nouvelle planification hospitalière du canton de Neuchâtel justement. Solidarités critique l'attitude du Conseil d'État, et relève ironiquement:

"Le Conseil d'État a "maintenant un important travail d'explication destiné aux citoyens des Montagnes qui sont fâchés de la tournure des événements" ( journal l'Impartial du 16.04.2016) Logique néolibérale (dont le quintette gouvernemental est un fervent adepte) connue: S'il existe des oppositions, c'est qu'on a pas encore suffisamment "expliqué" les bienfaits d'une "réforme" (hospitalière ou autre). Il faudrait donc "expliquer davantage."


Ils identifient ici parfaitement l'expression "expliquer aux citoyens" comme étant un moyen de manipuler l'opinion et non comme une volonté d'ouvrir le dialogue entre autorités et population. Une clairvoyance dont ils n'ont absolument pas fait preuve au moment où les autorités cantonales ont fait campagne pour forcer l'ouverture des zones préservées et protégées des crêtes neuchâteloises aux industriels de l'éolien. Les membres de Solidarités auraient-ils atteints les limites de leur capacité à lutter contre le capitalisme lorsque celui-ci se déguise en vert? Solidarités a raté une formidable occasion de défendre ses convictions en s'opposant avec force à la colonisation des terres protégées par les capitaliste du vent et de proposer des alternatives locales crédibles. Ils se sont rangés aux côtés de ceux qu'ils démasquent aujourd'hui, mais un peu tard, comme des manipulateurs. Une faute irréparable.


"Expliquer" aux gens pour qu'ils adhèrent à leurs visions et leurs projets, c'est aussi la volonté affichée des membres de Suisse Éole, comme on peut le lire dans cet article du journal Construire où s'exprime Monsieur Lionel Perret qui travaille à l'industrialisation massive des crêtes jurassiennes sous couvert d'urgence climatique. Dans les commentaires qui suivent cet article, on appréciera les arguments de ceux qui partagent sa version de notre avenir énergétique: Si les opposants argumentent largement leur point de vue, les pro-éolien eux se contentent de demander que l'on coupe l'électricité aux anti-éoliens. Cela résume assez bien la valeur qu'ils donnent au dialogue contradictoire et les objectifs de leurs "explications".


Ce formidable élan contre la démocratie, la transparence et la responsabilité civile, je le retrouve dans mon village. Il existe ici une commission de la santé qui s'engage à prendre des mesures pour protéger les citoyens lorsque la situation l'exige. Cette commission a été alertée et informée sur les risques sanitaires liés à la proximité des deux aérogénérateurs qui surplombent le village. Elle n'a pas bougé. N'a repris aucun des arguments avancés, ne s'est inquiétée d'aucune des études qui lui ont été fournies et s'en remet au canton pour cacher son ignorance et surtout son inutilité. Dans nos beaux pays démocratiques, nous ne manquons pas de commissions pour défendre des droits que leurs membres ne cessent de bafouer.


C'est dans l'article de Solidarités sur les hôpitaux neuchâtelois que je lis la chute de ce qui précède:


"Nous vivons en France et en Europe (ndlr, et en Suisse), une époque post-démocratie. Les citoyens n'ont plus de véritable pouvoir de contrôle sur leur devenir. Leurs manifestations sont méprisées et leur vote falsifié" Sophie Wahnich, historienne française, dans Libération, 16.02.2016)"

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