vendredi 15 avril 2016

Les profiteurs du système?

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Commentaire: «Salauds de pauvres»

Michel Audiard (1920-1985)
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Devant nous cet après-midi, une voiture de l'entreprise Enercon avec des plaques valaisannes... Les barrages se meurent les hélices rôdent...

C'est une petite secrétaire qui ne jouit d'aucun privilège. Elle assure un boulot dans une boîte qui ne lui est rien pour un employeur qui ne lui promet rien. Un boulot qui tient au fil fragile du bon vouloir des marionnettistes qui pillent, épient, torpillent. Elle part en bataille contre trois de ses collègues qui ont eu le tord de se faire licencier pour raisons économiques et de présenter en conséquences une incapacité de travail. Elle s'énerve la petite secrétaire contre ces gens qui osent, selon elle, «profiter du système» et faire des misères à ce brave patron qui leur a donné du travail durant presque un an. Elle oublie que la conjoncture haute ne lui laissait pas d'autres choix pour maintenir la qualité de ses prestations. Pire! Elle voudrait bien la peau de ces médecins qui ont l'outrecuidance de pratiquer leur métier à l'écoute des blessures des hommes!



Ah oui! Si l'on pouvait ôter l'humanisme dans les milieux médicaux, sans doute «le système» ferait des économies...


C'est une autre femme, courage celle-ci, qui s'est exilée au Brésil pour essayer un mode de vie différent, plus solidaire, plus simple, moins impliqué dans ce système de consommation pas forcément séduisant. Trois enfants adolescents plus tard, elle revient en Suisse. Les difficultés se sont accumulées dans ce Brésil tiraillé entre la misère et «l'émergence», la seconde cache la première mais ne l'empêche pas d'être plus crue et de mettre en danger la société brésilienne qui se divise sur fond d'inégalités toujours plus criantes. Quand on a des enfants on choisit le meilleur pour eux. Si on peut leur éviter l'hôpital public où l'on crève faute de soins, l'école publique où l'on apprend surtout la loi du plus fort dans la logique d'une société en mode de survie, si nos enfants rêvent de leur pays d'origine parce qu'ils savent qu'ils pourraient avoir là une vie tout simplement plus sûre et une instruction de qualité, si depuis 15 ans on constate que chaque pas en avant est suivi d'un pas en arrière, voire deux, si les passeports qui traînent dans le tiroir sont rouges à croix blanche, laquelle d'entre nous hésiterait?


Hélas! Quinze ans plus tard beaucoup de choses ont changé en Suisse sauf une: Alors qu'elle racontait les péripéties administratives de son retour, les mauvaises surprises, les angoisses liées à ce choix, les difficultés à trouver un emploi, l'adaptation scolaire des enfants, etc.... un «ami» n'a pas manqué de lui faire remarquer qu'après quinze ans d'absence elle ne pouvait pas espérer «profiter du système !!!»


Bien au chaud dans leurs appartements ou villas sur-aménagés, ils partent en vacances, font du sport, courent les boutiques, collectionnent, sur-investissent leurs enfants et bien entendu «payent chèrement ce système alors que les plus pauvres eux profitent!» Et ils crient au loup avant de le devenir eux-mêmes...


Profiter du système. Quelle incroyable reproche fait à ceux mangent les restes! Mais qui profite du système? Celui qui cache des milliards gagnés sur le dos des «profiteurs» ou celui qui en crève de ce pillage?


Dans une même soirée, essayez de dire combien se remplissent les poches avec des subventions publiques pour une transition énergétique que personne ne leur a jamais chiffrée, démontrée, assurée. Essayez de raconter le prix payée par les citoyens moyens qu'ils sont, en terre, en qualité de vie, en études bidons, en représentations débiles etc... pour des éoliennes inutiles dont les bénéfices alimentent des entreprises allemandes ou danoises pendant que les barrages suisses prennent l'eau (mais pas pour les éclairer), vous ne verrez aucun sourcils se lever, pas l'ombre d'une révolte poindre, même pas une critique. Vous allez les ennuyer. Que s'envolent des milliards pour une poignée de milliardaires ne les dérangent pas dans ce système qu'ils paient. Mais que des gens mangent, se chauffent et s'instruisent par le biais de la même caisse et pour bien moins cher, ça ça va les réveiller et même les révolter.

Pendant ce temps les apôtres du monde selon Éole profitent et rigolent bien de ces «critiques petits» qui protègent un système qui les détruit lentement mais sûrement.

Mieux vaut en lire qu'en crever:

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