dimanche 10 juillet 2016

Merci Monsieur Boiteux !

http://www.energie-crise.fr/
par PH
dimanche 1er août 2010





Marcel Boiteux est né en 1922, il est normalien agrégé de mathématiques, après un passage au CNRS, il entre à EDF en 1949, qu’il dirigera de 1967 à 1987.

À EDF, Marcel Boiteux a fortement pesé pour que l’on expérimente plusieurs filières nucléaires, alors que le prix du pétrole était ridiculement bas. De sorte que lors premier choc pétrolier en 1973, la France expérimentait à côté de la filière nationale à uranium naturel, et la centrale à eau lourde de Brennilis , plusieurs réacteurs à eau sous pression à uranium enrichi. C’est ce que Marcel Boiteux a défini sous le nom de gymnastique nucléaire.
Cette construction de compétences même sur une technique au départ conçue pour les sous-marins américains a permis de lancer très rapidement 3 à 8 tranches par an.
Les défis étaient importants : le cycle du combustible nécessitait une usine d’enrichissement dont le fonctionnement réclamait lui-même l’usage de 2 à 3 réacteurs. La normalisation pouvait entraîner des pannes en série, l’aval du cycle n’était pas encore défini.
Certes, certains reprochent à Marcel Boiteux, l’abandon des programmes sur des énergies alternatives, des normes d’isolation à 100 kWh/m2/an pour le chauffage électrique et les fragiles pompes à chaleur Perche.
Que voyons-nous aujourd’hui : des milliers d’éoliennes industrielles de 150 mètres de haut qui ne couvriront pas 10% de nos besoins en électricité, des photopiles à un prix encore exorbitant malgré 50 000 chercheurs sur le sujet dans le monde. Le chauffage électrique est toujours critiqué par les antinucléaires et pourtant c’est ce mode de chauffage qui a introduit les normes d’isolations les plus strictes, Marcel Boiteux a toujours insisté sur ce point. Même en n’étant pas encore au minimum accessible des 50 kWh/m2/an, le chauffage électrique chauffe quand même le tiers des logements avec seulement 10% de l’énergie consacrée au chauffage, quant aux pompes à chaleur air-eau efficaces, elles ne sont apparues que ces dernières années.
Les meilleures surprises viennent du parc REP . La standardisation, qui apparaît dans l’unicité des îlots nucléaires s’est révélée extrêmement efficace, elle a entraîné aussi l’unicité des programmes d’accompagnement : R&D, doctrine de conduite, formation des personnels, suivi du vieillissement etc...
Faisons les comptes :

En actualisant, les investissements annuels en euros 2010, on arrive à 80 milliards d’ euros pour 63 GW, soit à peine 1,3 € (2010)/W, ce qui est même en dessous de l’éolien terrestre irrégulier.
L’enrichissement par diffusion gazeuse, qui était un défi, a fonctionné et il est remplacé aujourd’hui par une technique 20 fois plus économe en énergie, la centrifugation qui permettra de libérer les réacteurs de Tricastin et d’exploiter l’uranium appauvri de 0,25% jusqu’ à 0,1% en 235 U.
Les réacteurs américains à l’origine du parc français, qui fonctionnent 90% du temps parce qu’ils ne subissent pas les variations saisonnières de consommation électrique voient leur durée de vie portée à 60 ans. Ce qui ouvre à nos réacteurs français qui ont des facteurs de charge de 75% des perspectives de longévité encore plus grandes.
Le stockage géologique des quelques milliers de m3 de déchets HA-VL et MA-VL a été validé scientifiquement depuis 2000.
Enfin l’approvisionnement à long terme en uranium naturel est assuré par l’extraction de l’uranium de l’eau de mer pour un surcoût d’à peine 4 c€/kWh.
Après 20 ans d’interruptions dans la construction de centrales nucléaires, les quelques retards sur les EPR de Flamanville et d’Olkiluoto, montrent que nous aurions bien dû nous inspirer de la gymnastique nucléaire. Et nous confirment dans l’idée que vous et vos collaborateurs avez fait un travail formidable à la tête d’EDF.
Donc Monsieur Boiteux : La génération X et les générations suivantes vous disent tout simplement et bien sincèrement : MERCI !

php

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