jeudi 22 septembre 2016

La lutte pour l’eau des Péruviennes

http://www.lagedefaire-lejournal.frNicole Gellot 
19 septembre 2016

Angela, membre du collectif Femmes en défense de la madre tierra, colle de grandes feuilles de papier sur les grilles d’un édifice de Cajamarca, au nord du Pérou. Elle y explique pourquoi il faut défendre l’eau, menacée par l’extension de la mine d’or à ciel ouvert de Yanacocha, dans la province de Cajamarca. Soucieuse d’informer les habitants, Angela répond aux questions des passants, intrigués par ses affiches. Dans son film Las damas azules, qui circule en France depuis quelques mois, Bérengère Sarrazin raconte l’implication des femmes dans la lutte contre ce projet minier, baptisé Conga. Porté par une entreprise américano-péruvienne, il risque de polluer les nappes phréatiques et d’assécher les sources, situées à proximité.

Les rondes des femmes
Depuis l’annonce du projet Conga, les femmes péruviennes osent prendre la parole et participer à la lutte, ce qu’elles ne faisaient pas avant : « Elles s’organisent selon leurs missions, raconte Anna-Maria, coordinatrice du comité de défense des femmes. Certaines cuisinent [pour nourrir celles qui sont le terrain, Ndlr], d’autres sont sur le front. » En effet, les femmes font des rondes autour des lagunes convoitées par l’entreprise minière, pour l’empêcher de lancer les travaux. En février 2012, une marche de 850 km a été organisée de Cajamarca à Lima, autour du slogan « L’eau oui, l’or non ». Le 3 juillet de la même année, des affrontements entre les forces armées et la population lors d’une manifestation ont fait cinq victimes. Le projet Conga a ensuite été suspendu, mais les travailleurs sont sur place et la menace reste présente.

Bérengère Sarrazin, Las damas azules, prod. Ingénieurs sans frontières, 2015



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