Lors d’une randonnée sur le circuit de « La source de la Marne », l’un des 149 sentiers balisés du département, nous avons découvert de magnifiques paysages alternant ombre et lumière. Au fil du parcours, une évidence s’est imposée : d’un point de vue environnemental, la Haute-Marne constitue un véritable régal pour les sens.

Source.
La traversée de Cohons nous ravissait avec son « escargot »1 et ses jardins remarquables, qui ont l'avantage d'être deux,
Cohons et ses jardins remarquables. Photo php.
1. L’« escargot en pierre » de Cohons est une construction en pierre sèche en forme de spirale, située dans les Jardins suspendus de Cohons, en Haute-Marne. Son tracé rappelle une coquille d’escargot, d’où son nom, mais il s’agit en réalité d’un chemin aménagé qui monte en colimaçon jusqu’à un belvédère offrant une vue sur les environs. Il date du XIXᵉ siècle et fait partie d’un ensemble de jardins paysagers historiques destinés à la promenade et à l’observation du paysage. C’est l’un des éléments les plus emblématiques et insolites du patrimoine local.
C’est alors qu’au détour d’une rue, la dure réalité nous a frappés de plein fouet. Nous l’avions presque oublié : notre Haute-Marne sauvage, ce pays tant aimé à l’environnement préservé et au riche patrimoine architectural, subit elle aussi les assauts d'une colonisation éolienne rampante.
Cohons, avec pour horizon les éoliennes de la ZI dit « Langres sud », en plein cœur du Parc national des Forêts. Distance : 12 km à vol d'oiseau. Photo php.
Face à l’accélération du nombre de projets, il faut craindre que le pire soit à venir. Le travail exceptionnel de Dame Nature, qui a patiemment façonné pendant des siècles ces paysages que nous admirons tant et qui a permis le maintien d’une biodiversité de tout premier plan, cette richesse inestimable qui justifie l’accueil du 11ᵉ Parc national, semble aujourd’hui menacée de disparition sans un sursaut citoyen et une mobilisation sans précédent.
Cette dynamique industrielle ne peut se développer qu’à condition de disposer de terres : sans foncier, il n’y a pas d’éoliennes. Cela implique donc l’engagement — parfois la responsabilité — de certains acteurs locaux, tels que des propriétaires terriens, des exploitants agricoles ou des élus, qui participent, soutiennent ou accompagnent ces projets, et qui font pleinement partie de la vie quotidienne des territoires.
Ces choix ne sont pas abstraits : ils émanent de personnes que l’on côtoie au quotidien, dans les espaces les plus ordinaires de la vie sociale — au cinéma, chez le coiffeur, au supermarché, à la terrasse d’un café, à la sortie des écoles ou sur les terrains de sport — et qui peuvent appartenir à notre cercle familial ou social.
Ces projets ne peuvent cependant voir le jour sans l’aval des services de l’État, notamment les préfectures ou les DREAL, qui instruisent et valident les autorisations administratives.
Pour de nombreux observateurs, ces décisions s’inscrivent dans une transformation profonde des paysages, susceptible d’affecter durablement l’environnement, le patrimoine architectural et l’identité même de la Haute-Marne. Cette évolution suscite de vives interrogations et une opposition croissante au sein des populations concernées.
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« Plus on pense le paysage, plus on le massacre. Plus on pense le climat, plus on massacre l'environnement »
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