samedi 12 mars 2016

Moins de CO2 pour pas trop cher


Commentaire: Ouvrage à lire et à diffuser sans modération (même aux mougeons et autres gogos de l'éolien). Les chiffres ont beau être têtus (le développement éolien est une aberration), il n'en reste pas moins que: Le choix est politique! Et c'est là, tout notre drame.

Bonne lecture et bon achat

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Commentaires, précisions et corrections 


Vous trouverez ci-dessous de brefs commentaires, des mises à jour, un erratum, des compléments et des liens vers différents documents qui étayent les analyses et les propositions présentées dans Moins de CO2 pour pas trop cher
Tout cela est classé au fur et à mesure de la lecture du livre - voir ici la table des matières


Introduction chapitre 1 chapitre 2 chapitre 3 chapitre 4 chapitre 5 chapitre 6 chapitre 7 chapitre 8 chapitre 9 conclusion
six tableaux erreurs fréquentes synthèse


Introduction
Je recommande le site de l'association Sauvons le climat


Chapitre 1 : La géopolitique du carbone. Sécurité d'approvisionnement en énergie et émissions de CO2

Le rapport Stern, en anglais Stern review
Les rapports du GIEC en français ou en anglais
Le rapport du GIEC sur les ressources renouvelables


Chapitre 2: Pour moins de CO2, un indicateur et un critère de coût indépendants du prix du pétrole

- Comment passer de la vision théorique de la valeur du CO2 à la notion pratique de «coût du CO2 évité»: pour plus d'explication que dans Moins de CO2 pour pas trop cher, on peut lire «le prix du CO2 expliqué aux nuls» (pardon pour l'intitulé...)
- Sur la «valeur tutélaire du CO2», on peut prendre connaissance du rapport qui a été demandé au Centre d'analyse stratégique, le CAS (qui a remplacé le Commissariat général au Plan). Le CAS a trouvé une réponse alors même que cette notion de valeur tutélaire du CO2, vu d'un pays consommateur d'énergie comme la France, n'a de sens que si l'on précise à chaque fois qu'on l'utilise, quel est le prix du pétrole, du gaz et du charbon, ce qui est souvent oublié.

Chapitre 3: L'État manque de critère de coût et se trompe d'objectif

Une erreur d'objectif qui coûte très cher : l'Etat retient comme objectif de diminuer la consommation d'énergie alors que le but est de diminuer les émissions de CO2. Dans le logement existant, si l'on rendait obligatoire de diminuer la consommation d'énergie pour amener les émissions au-dessous d'une certaine limite, on obligerait à dépenser beaucoup plus que si on laissait les gens libres de choisir la méthode qui leur permettrait de limiter comme il faut leurs émissions de CO2.
Pour le chiffrer, ou du moins avoir un ordre de grandeur, j'ai comparé plusieurs modes de chauffage et plusieurs degrés d'isolation thermique (pour tenir compte du coût de l'isolation thermique sur les bâtiments existants). Pour chaque combinaison «mode de chauffage-degré d'isolation thermique», le tableau calcule la consommation d'énergie, les émissions de CO2 et les dépenses.
La différence de dépenses selon que la contrainte porte sur la consommation d'énergie ou les émissions de CO2 est de quelques centaines d'euros par mois et par logement. Cela dépend beaucoup des hypothèses. Mais chacun pourra introduire ses propres hypothèses ; un tableur fera les calculs.
Avec les hypothèses que j'ai utilisées, limiter les émissions de CO2 en limitant la consommation d'énergie est donc une faute de gestion politique dont le coût est de l'ordre de 15 à 20 milliards d'euros par an. Voir ici une note de présentation, une notice technique et le tableur .


Chapitre 4: La production d'énergie en France, biomasse, gaz de schiste, électricité


La biomasse: Chaleur et biocarburant
On peut consulter un rapport sur les réseaux de chaleur (Conseil général des mines) qui donne la part belle à la biomasse.
Sur les biocarburants, une page sur ce site ; sur la capacité de production de biomasse produite sur terrains agricole pour l'énergie, une étude de l'IDDRI

Le coût de production d'électricité

Le nucléaire :
Dans Moins de CO2 pour pas trop cher comme dans Avec le nucléaire, j'ai fait l'hypothèse qu'un réacteur EPR de série coûterait 20 % moins cher que le prototype de Flamanville qui, en juillet 2011, était évalué à 6 milliards d'euros. À la fin de 2012, juste au moment où je donnais le bon à tirer à l'éditeur de Moins de CO2 pour pas trop cher, EDF informe que le coût de ce prototype sera de 8,5 milliards d'euros. J'ai donc pu seulement ajouter dans le livre, en guise d'avertissement, que le coût de production de l'électricité produite par un EPR sera peut-être supérieur à ce que j'ai indiqué mais que cela n'aura pas d'effet significatif sur le résultat.
En effet, même si le coût de l'investissement était supérieur de 30 % aux hypothèses que j'avais faites, le coût de production serait supérieur de 16 %, soit une différence de 9 €/MWh.
Pour que le lecteur puisse faire lui-même le calcul du coût de production d'électricité nucléaire en introduisant ses propres hypothèses, on trouvera un tableur et une note qui indique le mode d'emploi de ce tableur.

Les éoliennes

Pour comprendre comment la production des éoliennes s'introduit dans l'équilibre entre la production et la consommation d'électricité il faut se référer aux études très utiles de Sauvons le climat: Une analyse heure par heure de la consommation d'électricité et de la façon dont elle est produite complétée par les corrélations que l'on peut en déduire. Les éoliennes produisent davantage lorsque l'on en a moins besoin. Une comparaison entre la France et l'Espagne semble montrer qu'il n'y a pas de foisonnement entre les pays. Les éoliennes françaises obligent donc à exporter de l'électricité à des moments où le prix en bourse est très bas, voire négatif.
On peut aussi lire une étude très fouillée sur la question de l'intermittence, publiée par Sauvons le climat.
Une étude sommaire, réalisée à l'aide de papier quadrillé et d'un crayon permet de comprendre comment une production aléatoire se combine à une demande d'électricité elle-même fluctuante. Elle montre que le dispositif permettant de répondre aux fluctuations de la demande permettent d'absorber à peu près des fluctuations incontrôlées de la production à condition que celles-ci ne dépassent pas 10 à 15 GW. On peut voir cette étude ici.

On peut aussi consulter sur ce site la page sur l'électricité

Au total et en moyenne, dans Moins de CO2 pour pas trop cher, j'évalue le surcoût des éoliennes et du photovoltaïque par rapport au nucléaire à 110 €/MWh. Si le nucléaire est plus cher, le surcoût sera de 90 ou 100 €/MWh au lieu de 110 €/MWh, ce qui ne changera guère le résultat de l'évaluation de «moins de nucléaire».

Le choix de la capacité nucléaire
Le choix est politique. J'en ai abondamment parlé dans Avec le nucléaire.
Je dis seulement ici que si l'on estime le risque inadmissible, il faut arrêter toute production nucléaire. Si on ne le refuse pas par principe, on évalue s'il est intéressant de produire plus ou moins d'électricité nucléaire. Le choix ne tiendra pas seulement compte des coûts. Mais il ne peut pas les ignorer.


Chapitre 5: Des tableaux de production et de consommation d'énergie pour diviser par trois les émissions de CO2

Le lecteur peut dresser lui-même son tableau en fonction de ses propres hypothèses.

Pour diviser par trois les émissions de CO2, les tableaux présentés dans Moins de CO2 pour pas trop cher sont les mêmes que dansAvec le nucléaire, avec des capacités nucléaires de 94 GW (tableau A ou tableau 1), 65 GW (tableau B ou tableau 2), 40 GW (tableau C ou tableau 3) et pas de nucléaire du tout (tableau D ou tableau 4).
Dans Moins de CO2 pour pas trop cher se trouvent aussi un tableau représentant la situation actuelle et un un tableau représentant ce que serait la situation selon une évolution tendancielle.


Correctif : Dans les tableaux en annexe de Moins de CO2 pour pas trop cher, il y a quelques erreurs de recopie. Dans le tableau 0 (représentant la situation actuelle, p 149), il manque la consommation de biocarburant, pour 3 Mtep. Dans le tableau 4 (hypothèse sans nucléaire, p.153), la dernière colonne reprend par erreur les valeurs du tableau précédent. Il faut lire de haut en bas : Consommation par l'industrie : 41 Mtep ; par les transports : 21 Mtep ; dans les bâtiments, pour la chaleur : 27 Mtep et, pour les usages spécifiques de l'électricité : 11 Mtep ; consommation totale d'énergie : 98 Mtep. Production d'électricité : 378 TWh. Il y a d'autres corrections de détail à faire; Désolé pour cette fâcheuse erreur de recopie !


Ces tableaux sont proposés à titre d'exemples. Redisons que le lecteur peut introduire ses propres hypothèses.

Un scénario sans nucléaire et avec de très faibles émissions de CO2 a été proposé par l'association Négawatt. On trouvera ici une analyse fouillée du scénario de Négawatt par Sauvons le climat

L'Ademe a élaboré un scénario conforme aux orientations données par le Président de la République: Il réduit la part de l'électricité nucléaire à la moitié de la consommation d'électricité (comme le fait le tableau 3 présenté dans Moins de CO2 pour pas trop cher). L'ADEME ne chiffre pas le coût de son scénario. C'est la grande faiblesse de telles réflexions ! De plus l'ADEME minimise les questions liées à l'intermittence de la production éolienne ou solaire. Voir ici une analyse approfondie du scénario de l'ADEME par Sauvons le climat.

De son côté, Sauvons le climat a élaboré un scénario de division par quatre des émissions de CO2, le scénario Négatep. Il est très proche du scénario 94 GW de nucléaire que je présente dans Avec le nucléaire et dans Moins de CO2 pour pas trop cher. Les principales différences sont celles-ci: Négatep ne remet pas en cause les capacité de production éolienne et solaire décidées par le Grenelle de l'Environnement. C'est peut-être réaliste mais, de mon côté, je recherche ce qui coûte le moins cher. Ces capacités sont donc limitées à 13 GW, la seule justification de telles dépenses (autrement complètement inutiles) étant de démontrer notre savoir faire industriel. Négatep table sur une ressource en biomasse de 30 ou 35 Mtep thermiques ; à mon avis, en ajoutant la biomasse venant de la forêt et celle qui l'on peut produire sur des terres agricoles, on doit pouvoir arriver à 40 Mtep. Voir ici. Par ailleurs, Négatep vise une division des émissions de CO2 par 4 alors que je me contente d'une division par 3, qui correspond à une division par 4 ou 5 de la moyenne des émissions des pays de l'OCDE.

Le projet allemand peut se réaliser s'il n'est pas imité: Lorsque le vent souffle bien et que la demande d'électricité est plutôt basse, le prix de l'électricité à la bourse de l'électricité est aujourd'hui extrêmement bas et même négatif. Cela ne suffit-il pas à montrer que, dans l'état actuel des capacités de stockage, il serait très coûteux d'augmenter la capacité éolienne ou solaire ? Une bonne partie de la production potentielle ne pourrait pas être écoulée, ce qui augmenterait encore le coût de cette électricité.


Chapitre 6 : Moins de CO2, plus de dépenses. Moins de nucléaire ? Encore plus de dépenses

Une fois que la limite de quantité de CO2 est fixée, pour respecter cette limite, il faudra dépenser plus que si l'on ne s'était pas imposé de limite. La différence dépend bien sûr du prix auquel nous importons pétrole, produits pétroliers, gaz et charbon

S'obliger à diminuer notre consommation d'énergie fossile ne nous coûtera pas beaucoup si le prix du pétrole est très élevé mais nous demandera un gros effort si celui-ci est bas. Mais cet effort ne serait pas vain car il renforcerait notre autonomie énergétique et créerait des emplois chez nous plutôt qu'à l'étranger.

Les effets sont complètement différents si, pour une même limite d'émissions de CO2, on diminue la capacité nucléaire. Cette décision de diminuer la capacité nucléaire sans toucher à la limite d'émission de CO2 n'aura pas d'effet, en première approximation, sur notre consommation d'énergie fossiIe. Mais il faudra dépenser davantage pour l'isolation thermique ou pour produire de l'électricité éolienne ou solaire. Cela ne renforcera nullement notre sécurité énergétique, créera des emplois pour économiser l'énergie ou en produire mais en détruira autant, voire davantage, dans d'autres secteurs de l'économie.

Les effets sur l'emploi: Halte au mensonge public ! On ne redira jamais assez que le fait d'affirmer que le remplacement de nucléaire par des éoliennes ou du photovoltaïque est créateur d'emplois est un mensonge public caractérisé ! Il en est de même des prétendues créations d'emplois dans l'isolation des bâtiments pour la partie des dépenses  d'isolation qui n'est pas «remboursée» par les économies d'énergie.

Voici comment est calculé le coût de «moins de nucléaire»

Pour diviser par trois nos émissions au moindre coût, il faudrait à mon avis augmenter la capacité nucléaire à 94 GW, soit une soixantaine d'EPR, le même nombre de réacteurs qu'aujourd'hui mais plus puissants. Alors on s'aperçoit - ce qui devrait ravir les amateurs de solutions équilibrées - que la consommation finale d'énergie provient à parts égales de nucléaire et d'énergie renouvelable (chaleur solaire, géothermie, biomasse et énergie hydraulique). Voilà une parité efficace !

Pour calculer le coût de moins de nucléaire, j'ai supposé que l'énergie est payée par le consommateur finale 115 €/MWh HT, soit 140 €/MWh TTC et j'ai fait des hypothèses sur le coût de l'isolation thermique et des équipements. Les tableurs publiés sur ce site permettent au lecteur de faire ce calcul en modifiant ces hypothèses.

Si le coût du nucléaire est supérieur de 9 €/MWh à ce que j'ai calculé cf. plus haut), le coût de moins de nucléaire (la différence entre ce que l'on dépenserait avec 94 GW nucléaire et avec 40 GW nucléaire) ne sera pas de 35 milliards d'euros par an moins de 30 milliards, ce qui reste évidemment énorme.
Le coût de l'EPR évité, au lieu d'être de 1 milliard d'euros par an, serait de 890 millions d'euros par an, ce qui est considérable !


Chapitre 7: La politique de l'électricité ; État et marché concurrentiel

Pour plus de développement sur l'économie de l'électricité, on peut se référer à un rapport du Conseil général des mines et de l'Inspection générale des finances.


Chapitre 8 : Les moyens de l'État et des collectivité locales : Réglementation, marché du CO2, impôt, financement, infrastructures...

Moins de CO2 pour pas trop cher a été écrit pour pouvoir écrire ce chapitre, qui regroupe les propositions que je fais depuis des années pour que la politique de l'énergie soit efficace.

J'ai proposé en particulier ceci: Un indicateur de coût indépendant du prix du pétrole ; puis, à l'aide de cet indicateur, un critère de coût maximum. Cela permet de conditionner l'application d'une réglementation au respect de ce critère, de créer un impôt qui porte le prix à la consommation finale à une niveau conforme à ce critère. Il est possible de créer cet impôt en faisant en sorte que, pendant quelques années, son montant soit nul. Son efficacité n'en sera pas diminuée car il fixe une perspective à long terme indépendante du prix du pétrole et du gaz sur le marché international. Par ailleurs je propose une méthode pour aider financièrement les investissements utiles sans créer d'effet d'aubaine.


Chapitre 9 : l'Union européenne, le monde

Dans ce chapitre on trouvera aussi des propositions qui ne sont pas dans l'orthodoxie. L'énergie étant un produit essentiel est de la responsabilité des États, ce que confirme le traité sur l'Union européenne. Les positions des États étant très différentes, il ne peut pas y avoir un marché unique de l'énergie. Si l'on en prend acte, il pourra se nouer entre les États membres des coopérations très fructueuses.


Conclusion : Pour une politique crédible

Une politique est crédible si le pouvoir peut expliquer clairement pourquoi il prend telle ou telle décision. Or il est incapable de dire pourquoi il a décidé d'arrêter les réacteurs nucléaires de Fessenheim ; il est incapable d'expliquer pourquoi il veut réduire la part du nucléaire à la moitié de la consommation d'électricité.
L'État sera crédible s'il inscrit ses décisions dans une vision à long terme et s'il démontre qu'il choisit les moyens qui coûtent aussi peu que possible.

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