jeudi 27 octobre 2016

Prix de gros de l’électricité, la fin de la descente aux enfers ?




http://ufe-electricite.fr
24 octobre 2016

Commentaire: L'Union Française de l’Électricité (UFE) est une association professionnelle créée en décembre 2000 dans le cadre de l'ouverture à la concurrence des marchés de l'électricité. L'Union Française de l’Électricité (UFE) regroupe l'ensemble des métiers de la chaîne de valeur de l'électricité: producteurs d'électricité, gestionnaires de réseaux de transport et de distribution d'électricité, fournisseurs d'électricité. Le secteur représente un chiffre d'affaires de 40 milliards d'euros en France.

On retrouve ainsi au sein de l'Union Française de l’Électricité des fournisseurs d'électricité historiques (EDF) et des fournisseurs d'électricité alternatifs (Poweo). Parmi les autres membres figurent GDF Suez, la Compagnie Nationale du Rhône, RTE, ERDF, EDF Energies Nouvelles, la SNET, E.On et le Syndicat des energies Renouvelables. Cette diversité fait que les intérêts des membres ne coïncident pas toujours.

L'Union Française de l’Électricité (UFE) est présidée par Robert Durdilly.
http://www.fournisseurs-electricite.com/ufe

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Depuis 2008, on a assisté à un effondrement des prix de gros de l’électricité en Europe. La hausse intervenue depuis mi-septembre marque un retournement de cette tendance, mais elle ne permet pas encore d’envisager le retour à une situation économiquement viable. Pour la France, ce contexte fait qu’une taxe unilatérale ne portant que sur le charbon pouvait difficilement plus mal tomber…

 
Depuis juillet 2008 et un baril de pétrole culminant à 145$, plusieurs facteurs se sont combinés pour faire chuter les cours : la baisse de la demande d’une part, provoquée par le ralentissement économique général, et l’émergence de nouvelles offres abondantes d’autre part, avec l’essor du pétrole et des gaz de schistes. Ce contexte mondial a touché toutes les énergies et s’est accéléré à partir de 2014, faisant perdre en l’espace de huit ans les trois quarts de leur valeur aux énergies fossiles. 

Un contexte mondial qui a contribué à l’effondrement des prix de gros de l’électricité en Europe
En Europe, cette baisse en particulier des cours du charbon, la moindre demande d’électricité, et le développement de nouvelles capacités renouvelables ont généré une division par trois des prix. Le prix de gros français en base est ainsi passé en 8 ans de 91 à 33 €, tandis que le peakload passait de 131 à 43 €. Les prix actuels sont ainsi devenus inférieurs aux coûts de revient complets de tous les équipements de production existants, signe d’une situation économique intenable.
 

Un espoir de redressement ?
Toutefois, depuis mi-septembre 2016, une tendance à la reprise semble émerger, avec la première remontée significative des prix de gros depuis près de trois ans. La cause première de ce frémissement à la hausse repose sur la baisse de l’offre, sur le marché du charbon avec la fermeture de plusieurs sites non rentables, notamment aux USA, et sur le marché du pétrole suite à l’accord intervenu au niveau de l’OPEP pour diminuer les quotas de production. Depuis le 1er janvier, le charbon a enregistré une hausse de 63 %, le pétrole de 38 % et le gaz de 12 %. En conséquence, le baseload électrique, directement impacté par les cours du charbon, a augmenté de 5 € en Allemagne. Mais c’est en France que le mouvement a été le plus spectaculaire avec une hausse de plus de 9 € sur les livraisons 2017. Cette plus grande augmentation côté français n’est pas liée aux cours des matières premières mais reflète directement l’incertitude portant sur la disponibilité du parc nucléaire cet hiver, suite aux arrêts de réacteurs demandés par l’ASN. Cela peut également se remarquer au fait que, si le prix français pour 2017 est maintenant remonté à 42€, il reste de 35€ pour les livraisons 2018 et 2019.
 

Un recours accru au charbon
Dans ce contexte, rien ne permet donc à ce stade de dire si cette remontée est durable et permet d’envisager le recours à une situation économique plus saine. Mais, compte tenu des raisons de cette hausse en France, l’autre question qui vient naturellement sur la table est celle de la sécurité d’approvisionnement pour cet hiver. A ce stade, il est trop tôt pour avoir des certitudes, et il faudra attendre début novembre le rapport de RTE sur le passage de l’hiver pour en savoir plus. Le nombre de réacteurs nucléaires autorisés à redémarrer sera un facteur-clé, ainsi que les températures constatées. On peut néanmoins s’attendre à ce que le parc thermique à flamme soit largement sollicité.
 

Mauvais timing et impréparation d’une taxe charbon
Il était donc particulièrement mal venu de choisir cette période pour pénaliser spécifiquement les centrales à charbon via un amendement au PLF 2017, d’autant que le rapport des inspections générales, portant notamment sur la légalité de cette « taxe carbone » devenue « taxe charbon », est toujours attendu. Enfin, si l’UFE est convaincue que l’avenir de l’électricité passe par une diminution de son empreinte carbone, elle est également mobilisée sur l’accompagnement social qu’il sera indispensable de mener en amont, et qui a fait défaut une fois de plus dans les discussions de la loi de finances.

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