mardi 5 janvier 2016

90% d'électricité renouvelable? Oui, à condition que...

Foucart/Le monde
Par Anne-Sophie Jacques

le 05/01/2016

Peut-on se passer du nucléaire ? Oui à condition de réduire drastiquement notre consommation d’énergie. Donc non ? C’est la question on ne peut plus ouverte et surtout politique que pose le journaliste scientifique du Monde Stéphane Foucart – reçu sur notre plateau ici et .




Une question toujours sur le gril à en croire le dernier clash en date entre scientifiques raconté par Foucart. Nous sommes en pleine Cop21 quand quatre climatologues de renom – James Hansen, Ken Caldeira, Tom Wigley et Kerry Emanuel – tiennent une conférence dans l’enceinte du Bourget, «à un jet de pierre des négociateurs, pour appeler solennellement à un développement rapide et massif de l’énergie nucléaire». Leur appel est doublé d’une tribune parue le même jour dans quotidien britannique The Guardian. Les compères assurent qu’il faut «construire 115 réacteurs [nucléaires] par an d’ici à 2050 pour décarboner entièrement la production mondiale d’électricité».

Un appel grotesque, réplique deux semaines plus tard dans le même journal l’historienne des sciences – tout autant de renom – Naomi Oreskes. Selon elle, de nombreuses études montrent que nous pouvons nous passer du nucléaire en misant sur le renouvelable. Et de considérer la position de ses quatre confrères comme «une nouvelle forme de déni climatique». De son côté, Foucart estime que «déployer, à un rythme de plusieurs dizaines par an, des réacteurs à neutrons rapides un peu partout à la surface de la planète est, quoi qu’on en pense, un projet parfaitement irréaliste».

Quelles sont les nombreuses études citées par l’historienne ? Foucart évoque le récent rapport de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) intitulé «Vers un mix électrique 100 % renouvelable en 2050» et épluché ici. Un rapport contesté dans les colonnes du Monde par le physicien Sébastien Balibar mais aussi par le journaliste de Libération Sylvestre Huet.

Reste qu’il existe une autre étude mise en avant par le journaliste du Monde. Menée par une équipe de chercheurs français, l’étude propose un scénario qui «rend compatible l’objectif de 75 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre avec une éradication de l’atome du mix électrique à l’horizon 2050, qui serait composé à 90 % de renouvelables». Seul hic: «L’impératif sous-jacent est une diminution… de 50 % de l’ensemble de la consommation énergétique nationale !» Conclusion de Foucart: La question de savoir si nous pouvons nous passer du nucléaire «ne se résume ni à une question technique ni à un débat économique, mais à savoir s’il est politiquement possible de faire changer radicalement nos comportements».


Commentaire: Sortir du nucléaire: Affirmatif! Et grâce aux éoliennes, faire de notre quotidien un «retour vers le futur?» Chiche!?

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