samedi 3 juin 2017

Ces coins de France où la biodiversité est de plus en plus menacée

Joel Cossardeaux
Le 11/05/2017


Commentaire: Dans le cadre de la "colonisation" éolienne de la France rurale, l’État français bien souvent ne respecte pas lui-même les sites Natura 2000,  autorisant par l’intermédiaire de ses préfets, l'implantation de zones industrielles d'aérogénérateurs sur les sites protégés ou en lisière, en pleine visibilité (idem pour les Parcs nationaux). Manifestement, la volonté politique manque à l'appel pour sauvegarder ces écosystèmes indispensables.
(...) Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent.
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_Natura_2000
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Ces coins de France où la biodiversité est de plus en plus menacée - Shutterstock

Le réseau des sites Natura 2000 stagne depuis 2008, limitant les possibilités de préserver la richesse de ces écosystèmes. Sur 132 sites étudiés entre 2000 et 2010, quasiment la moitié (47 %) a connu une dégradation plus ou moins forte.

Entre 2006 et 2014, chaque année, 60.000 hectares de forêts, de prairies, de terres agricoles ou encore de parcs urbains ont été rayés de la carte de France. Des territoires où aucune espèce animale ou végétale ne peut plus ni vivre ni se reproduire et dont l'étendue s'élève aujourd'hui à 5,16 milliards d'hectares, soit 9,4 % de la surface de l'Hexagone et de la Corse. A lire l'édition 2016 des « Chiffres clefs de l'environnement », la « consommation » de ces milieux augmente cependant moins vite depuis quelques années.

Et si la biodiversité y régresse, ce n'est pas tant parce que leur surface baisse que parce que leur état de conservation se détériore. Le cas des zones humides (marais, tourbières, vasières, forêts alluviales...), caractérisées par une biodiversité remarquable, est éclairant.


Directive cadre sur l'eau
Sur 132 sites étudiés entre 2000 et 2010, quasiment la moitié (47 %) a connu une dégradation plus ou moins forte, alors qu'à peine plus de un sur dix (11 %) enregistrait une amélioration. En 2013, 56 % des masses d'eau de surface de ces milieux étaient jugées dans un état défavorable au sens de la directive-cadre sur l'eau. « Les causes sont multiples : drainage, urbanisation, événements climatiques exceptionnels ou encore prolifération d'espèces envahissantes », est-il indiqué dans cette publication du ministère de l'Environnement.

Une situation que l'on peut imputer à la stabilisation du réseau de sites classés Natura 2000, qui a vocation à protéger ces zones humides. Depuis 2008, la surface qu'il couvre plafonne à près de 13 % du territoire métropolitain. La biodiversité des écosystèmes agricoles, elle aussi, est mal en point. Dans 26 % des cas étudiés, les prairies, landes et fourrés sont dans un état « défavorable ».

Le taux de matières organiques y est insuffisant, comme l'est aussi le nombre de pollinisateurs ou la diversité des micro-organismes. Phénomène inquiétant, les oiseaux désertent ces milieux. L'indice d'abondance de leurs différentes populations y a chuté de 32 % entre 1989 et 2015.

Bonne santé des forêts
L'état des zones forestières est plus enviable. En quelques décennies, leur surface s'est sensiblement accrue pour représenter 30 % aujourd'hui, contre 25 % en 1980. La présence croissante de gros arbres et de bois mort favorise l'apparition de tout un cortège d'espèces animales et végétales typiques du milieu. Enfin, et surtout, la variété des essences (5 en moyenne sur le territoire métropolitain) tend à croître. C'est un gage de biodiversité mais aussi de richesse économique. En 2014, les 37,7 millions de mètres cubes de bois récoltés représentaient une valeur marchande de 1,9 milliard d'euros.

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