jeudi 22 juin 2017

Il y aura toujours des gens pour défendre l'industrie éolienne, mais nous sommes les seuls à pouvoir défendre nos lieux de vie et notre environnement naturel

http://www.voisinedeoliennesindustrielles.com
21/06/2017

Commentaire: (...) Celui qui vit dans la montagne ne se soucie pas des moustiques de la plaine, et celui qui habite en Égypte néglige les parapluies. Mais le premier craint les avalanches, le second les crocodiles, autant de choses qui en revanche, nous, ne nous préoccupent pas beaucoup."
Le Guépard, 1957

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Graffitis, Athènes, publié dans le journal le Temps, ici

Si toutes les questions pertinentes étaient posées avant les décisions prises par les citoyens dans les urnes, les choses seraient différentes.

Lorsque des mouvements de lutte accompagnent activement les campagnes avant des votations, comme par hasard les résultats ne sont pas ceux que le gouvernement et les politiques préconisent, parce que la vérité est plus largement débattue avant la décision finale. On l'a vu avec les résidences secondaires, la RIE 3 ou encore ce week-end avec la Ville de Moutier devenue enfin jurassienne.

Si la problématique des éoliennes et du capitalisme vert en général faisaient l'objet de l'attention qui a été portée à ces trois objets en votation populaire, il n'y aurait aucune éolienne industrielle en Suisse et ailleurs, et la société civile exigerait une stratégie énergétique non pas basée sur le profit, le contrôle et les illusions, mais sur les besoins réels et le respect de la vie en général.


Après des votations, il est courant de lire ce genre d'article (ci-dessous) dans la presse populaire, mais avant, personne ne s'aventurerait à le publier! D'abord on passe la pommade et après on revient aux choses qui dérangent... Monsieur Ansermet, votre question arrive bien tard et c'est navrant. Un coup dans l'eau après la SE2050.

Quand je vois les verts et la gauche (eux, parce qu'en eux j'eus confiance, il y a longtemps) se préoccuper de promouvoir l'industrie éolienne, même indirectement, alors que les sites naturels et leurs populations sont les plus menacés par le capitalisme vert, je comprends pourquoi les français ne se déplacent plus aux urnes et pourquoi les socialistes sont moribonds. Leur manière de faire de la politique de gauche et de protéger l'environnement est indéfendable. 

Qui lâcherait un business telle que celui de l'énergie? Un business qui peut se permettre de "perdre" des milliards et de les retrouver dans la nature avec la bénédiction des pouvoirs?

Se battre contre leurs nouvelles pompes à fric et pour ces espaces qui nous sont chers a beaucoup de sens. Je ne pense pas que nos luttes empêcheront la terre de tourner, mais elles peuvent empêcher le pire.

http://www.24heures.ch/signatures/reflexions/passes-milliards-barons-electricite/story/24055498
"Où sont passés les milliards des «barons de l’électricité"?
L'invité Serge Ansermet rappelle le pactole engrangé ces dernières années par les grandes compagnies.

Les «barons de l’électricité» (notamment Axpo, Alpiq, BKW, Repower) constituent l’un des plus puissants lobbies dans notre pays. Ils sont sur le point d’arriver à leurs fins: plusieurs centaines de millions vont être débloquées annuellement, de différents canaux, pour renflouer leurs finances chancelantes.

Dans ce débat on oublie les milliards qu’ils ont engrangés au début des années 2000. Quelques chiffres permettent d’en préciser l’ampleur. Entre 2000 et 2014 c’est quelque 15 milliards de francs qu’ils ont réalisés grâce à l’électricité de pointe exportée (dont 2,115 milliards pour la seule année 2008).

De façon plus générale la branche de l’électricité (300 entreprises représentant 90% de la production et 80% de la distribution) a accumulé des profits de plus de 20 milliards de francs entre 2005 et 2014 soit le double des dix années précédentes. En 1999 le bénéfice distribuable était de 690 millions, dix ans plus tard il grimpait à 5,62 milliards.

Ces profits ont maintenant fondu et leur destination ne fait plus débat alors que d’énormes investissements dans le pompage turbinage restent à amortir (dont 4 milliards entre Nant de Drance et Linth Limmern). Pour diverses raisons, les pics de la demande ne sont plus ce qu’ils étaient et la différence entre le prix du kWh de pointe et de ruban a fondu. Plus que les barrages traditionnels existants ce sont les équipements de pompage turbinage ainsi que des investissements foireux à l’étranger comme des centrales à gaz et à charbon qui mettent en péril ce secteur de la production électrique. L’offre excédentaire et la baisse du prix du courant en bourse ne suffisent donc pas à expliquer les problèmes rencontrés.
Par ailleurs nos entreprises électriques sont mal placées pour se plaindre du marché de l’électricité faussé par les subventions puisque elles-mêmes tirent des profits non négligeables grâce à ces mêmes subventions dans les nombreux pays européens où elles ont des participations dans le solaire et l’éolien.

Depuis quelques années les pertes et les amortissements extraordinaires se suivent. Sur ce gâchis règne l’opacité; on devrait payer en fermant les yeux sur les responsabilités.
Ne serait-il pas temps qu’une enquête indépendante soit diligentée et le débat ouvert, notamment sur les responsabilités? Une telle démarche est toutefois difficile tant le lobby des principales entreprises d’électricité est puissant au sein des Chambres fédérales et des commissions spécialisées. De plus, les cantons et leurs représentants n’y ont pas intérêt: comme propriétaires de ces installations ils sont bénéficiaires de dividendes, tantièmes, impôts et redevances diverses.

On attend des politiciens qu’ils soulèvent ces questions comme ils l’ont fait lors de la débâcle de Swissair…
(24 heures)

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