lundi 19 février 2018

Les Baléares se préparent un avenir sans émissions ?

Par : Arthur Neslen | The Guardian
translated by Mathilde Mortier
Langue : English


Le nouveau plan d’action concerne les îles Baléares, notamment Ibiza. [Shutterstock]

Le gouvernement des îles Baléares a lancé un plan ambitieux pour éliminer progressivement ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, ce qui pourrait l’opposer au gouvernement espagnol. Un article de notre partenaire, The Guardian.

Conformément au plan d’action écologique lancé par le gouvernement des Baléares, les nouvelles voitures diesel seront retirées du marché automobile à Ibiza, Majorque, Minorque et Formentera en 2025, date à laquelle tout l’éclairage public sera remplacé par des lampes LED.
Des panneaux solaires seront installés sur tous les bâtiments dont les toits dépassent les 1000 m2 (parkings, supermarchés et stades). Les centrales à charbon seront supprimées et, d’ici 2035, et les loueurs de voitures ne pourront proposer que des voitures électriques.



Le lac de Côme passe au tout électrique
Le pittoresque lac de Côme en Italie est devenu la première « destination électrique », suite à l’installation d’un réseau de recharge électrique de grande ampleur.


Francina Armengol, la présidente du gouvernement socialiste et écologiste des îles Baléares, a déclaré que leurs limites territoriales en faisaient « un espace idéal pour la promotion de l’électromobilité et pour le développement des énergies renouvelables afin qu’elles deviennent finalement notre seule source d’énergie ».
« Nous sommes parfaitement conscients que de nombreuses mesures prévues par la loi que nous annonçons aujourd’hui demandent des efforts de la part des secteurs public et privé », a-t-elle déclaré. « Il est essentiel qu’il en soit ainsi si nous souhaitons que la loi soit plus qu’une simple déclaration d’intention ».
Joan Groizard, le directeur général des îles pour le changement climatique, considère que cette décision les mettrait en confrontation avec Madrid, et que son gouvernement étudiait « très attentivement » les conséquences juridiques de la loi. « Actuellement, nous discutons de ce que les régions peuvent ou ne peuvent pas faire, et nous travaillons très concrètement sur le plan juridique ».
« Nous ne pouvons pas ratifier l’accord de Paris de nous-mêmes, mais nous pouvons prendre la décision d’y adhérer. Le changement climatique a déjà de graves conséquences sur nos îles et nos actions inciteront peut-être d’autres régions à en faire de même », souligne-t-il.

En raison des sécheresses et des tempêtes plus fréquentes, les factures d’eau se sont envolées ; tandis que le réchauffement des eaux a engendré l’arrivée massive de méduses et une détérioration des écosystèmes marins.



L’Europe s’engage à protéger les stocks de poissons en Méditerranée
Dans sa déclaration de Malte, signée le 30 mars, l’Union européenne s’engage à garantir la durabilité de la pêche au cours des 10 prochaines années. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.


Mariano Rajoy, le Premier ministre d’Espagne, promet de présenter un plan climatique national différé cette année, en réponse aux préoccupations accrues liées au changement climatique.
Les écologistes s’alarment cependant par les tentatives gouvernementales d’adoption d’un décret royal pour empêcher la fermeture des centrales à charbon dans le nord de l’Espagne.
Un porte-parole du ministère a déclaré que les consultations publiques de ce projet de loi sur le climat étaient toujours en cours et que l’Espagne maintenait une politique ambitieuse en matière d’énergies renouvelables malgré la réduction drastique des subventions.
« La différence dans les Baléares est que les coûts de production d’énergie sont subventionnés et inclus dans la facture d’électricité de tous les citoyens espagnols », a-t-il ajouté. « Par conséquent, la politique énergétique nécessite un consensus entre les différentes administrations espagnoles. »

L’avenir du plan climatique des Baléares dépendra donc de l’attribution, ou non, de la responsabilité de la politique énergétique à Madrid ou aux régions espagnoles.



Seul le secteur du charbon soutient la sortie de l’accord de Paris
L’annonce de Donald Trump de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris fait l’objet d’une réprobation quasi-totale du côté des entreprises américaines. Seul à se réjouir ouvertement, le secteur charbonnier. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.



En janvier, la Cour constitutionnelle espagnole a bloqué une autre loi ambitieuse sur le changement climatique adoptée par le parlement catalan.
Le gouvernement des Baléares assure que si son plan climatique est bloqué, il refusera de moderniser sa centrale à charbon d’ Alcúdia à Majorque à temps pour respecter l’échéance de 2020 pour les nouvelles limites d’émissions de l’UE.
Selon Joan Groizard, la majeure partie de l’énergie des Baléares provient de cette infrastructure, dont les autorisations de construction sont approuvées par le gouvernement local.
« Si nous nous reposons sur nos lauriers et que nous ne faisons rien, l’usine ne sera plus en mesure de fonctionner le 1er janvier 2020 car elle enfreindra la législation européenne », a-t-il expliqué. « Nous espérons que cela n’ira pas aussi loin. Mais nous avons du pouvoir, et nous comptons bien l’utiliser si nécessaire. »

Selon Joan Groizard, le budget destiné aux coûts de mise en conformité (100 millions d’euros) de cette centrale polluante devrait plutôt être investi dans les énergies propres. Le plan du gouvernement des Baléares prévoit de fermer la moitié de la centrale à charbon d’ici 2020 et l’autre moitié d’ici 2030, après consultation avec les travailleurs de la centrale.
Juan López de Uralde, un député du parti écologiste à Madrid, a déclaré que le plan pourrait susciter une rébellion plus importante. « Si le gouvernement continue de paralyser ce genre d’initiatives [sur le changement climatique], les régions pourraient former un front uni », a-t-il affirmé, en citant les exemples de l’Andalousie qui rédige son plan climatique, Castille-La Manche et Valence comme potentiels alliés.
Marta Subirà, la ministre catalane de l’Environnement a déclaré que les dégâts climatiques causés par l’élévation du niveau de la mer, les dommages dans les deux deltas de la région, les vagues de chaleur et les feux de forêt « justifiaient ce type de front [uni] ».

Par le passé, les gouvernements de Catalogne et des îles Baléares ont déjà agi ensemble pour empêcher le forage en mer le long de leur côte commune et, selon Marta Subirà, les Baléares ont pris la loi climatique de la Catalogne pour « modèle ».
« C’est une alerte à l’encontre du gouvernement espagnol pour le prévenir qu’il est temps d’agir », a-t-elle déclaré au quotidien britannique The Guardian. « Ils ne peuvent plus se cacher et nous sommes prêts à le faire [former un front uni]. »

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