jeudi 31 décembre 2015

Solidarité



Commentaire:

Daniel Mermet*: «Mais qu'est ce que vous diriez aux jeunes générations?
Cornélius Castoriadis**: Si vous le posiez comme une question d'organisation, je dirais qu'il n'y a pas de réponse. Actuellement, c'est aussi cela la question....[...] Comment on s'organise maintenant? La question est: Comment peut-on s'organiser? Cette question bute sur le même obstacle, c'est-à-dire que les gens ne sont pas assez actifs actuellement pour faire quelque chose comme ça. Pour assumer une organisation de ce type, il faut être prêt à sacrifier plus d'une heure un samedi soir. Cela implique un travail assez important, et bien peu de gens sont disposés à le faire actuellement. C'est pour cela que je qualifie depuis 1960 l'époque comme une époque de privatisation. les gens sont repliés sur leur petit milieu, la famille nucléaire, même pas la grande famille. On disait en mai 1968 "métro-boulot-dodo", maintenant c'est "métro-boulot-télé-dodo***».

Extraits de Post-Scriptum sur l'insignifiance (entretiens avec Daniel mermet) suivi de Dialogue, Éditions de l'aube, poche essai,  1998.



* Daniel Mermet: 1940-  . Journaliste, écrivain et producteur de radio principalement connu pour son émission Là-bas si j'y suis sur France Inter
https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Mermet

** 
Cornélius Castoriadis11 mars 1922 - 26 décembre 1997. Philosophe, économiste et psychanalyste. https://fr.wikipedia.org/wiki/Cornelius_Castoriadis 

*** Slogan revisité: "Métro-chômage-Internet"

Bonne lecture


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J'avais pris la décision de rester un peu au lit ce matin. Délice auquel je goûte assez rarement parce que je suis du genre lève-tôt. Quand j'y arrive par contre, je mesure ma chance, j'apprécie la chaleur des draps et ma tête vagabonde. Malheureusement les éoliennes sont championnes toutes catégories pour gâcher les plaisirs de la vie. Elles envahissent très vite l'espace son, évincent les autres bruits et s'imposent dans votre subconscient jusqu'à ce que le sifflement dans vos oreilles vous poussent définitivement hors du nid.


Au début du processus de cette prise de pouvoir ce matin, je me suis mise à penser à toutes ces personnes qui s'engagent avec force contre les éoliennes. Je me disais qu'il fallait être percuté jusque dans son lit pour déclencher l'énergie que nous mettons ici pour lutter depuis 6 ans contre ce phénomène pervers. Du coup j'ai pensé à des amis, très solidaires depuis le début. Ils habitent à 3 kilomètres à vol d'oiseau et ne voient absolument pas les éoliennes de Saint-Brais depuis chez eux. Un parc était projeté sur leur commune et celui du Mont-Soleil est visible de leur ferme et c'est ce qui a éveillé leur curiosité sur le sujet. Mais, me disais-je, c'est tout-de-même extraordinaire à quel point ils ont toujours été là lorsque c'était nécessaire. Quand on lutte contre une industrie aussi puissante et autant camouflée derrière de bonnes intentions, il faut du courage et de la détermination. Il ne suffit pas de dire je suis contre, il faut s'informer, lire des kilomètres d'articles, d'études, de témoignages. Il faut être prêt à parler en public, à affronter les hommes et femmes politiques, à manifester dans les rues, à intervenir à la télévision, à la radio, à essuyer les vacheries de nos voisins, de nos autorités. Il faut aider ceux qui nous le demandent, parcourir des kilomètres pour témoigner à notre tour, empêcher le lobby éolien d'endormir les gens dans des séances d'informations où les nuisances des éoliennes sont systématiquement minimisées, leur production surestimée et leur rôle dans la sortie du nucléaire adapté en fonction de la politique énergétique adoptée. On fait tout cela lorsque chaque jour des machines empoisonnent notre existence et mettent notre santé en danger. Lorsqu'elles sont implantées là où nous avons un vécu, là où elles menacent l'avenir de notre village en le reléguant à une vulgaire zone industrielle.


Mais si on dort tranquille et que le danger n'est que vaguement menaçant, souvent on se contente de payer une cotisation à une association et on laisse faire. Pas eux. Ils sont là, solidaires, toujours présents quand il le faut. Ils sont un immense soutien pour ceux qui se battent contre ces colonisations barbares. J'en étais là dans mes pensées lorsque le sifflement dans mes oreilles s'est déclenché. Je me suis levée. J'ai petit déjeuné, j'ai allumé mon natel et il y avait un message de vœux avec en pièce jointe la photo ci-dessus...


Les amis dont je vous parle ici vivaient dans cette ferme il y a peu encore. C'est là qu'ils ont attrapé la fièvre de la lutte... Un jour leur fils est monté sur le pâturage de l'autre côté du village, c'était bien après notre rencontre et le début de notre engagement commun, il a découvert de ce point de vue que les deux éoliennes qui perturbent mes jours et mes nuits à Saint-Brais étaient en fait situées, certes à 3 kilomètres à vol d'oiseau, mais exactement derrière leur domaine...


J'avais oublié cette photo ce matin dans mes vagabondages amicaux. En la redécouvrant sur l'écran de mon natel j'ai eu la réponse à ma question sur ces liens invisibles qui réunissent les gens...


Belle année!

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