dimanche 12 mars 2017

L’imposture du prix du kilowattheure photovoltaïque ou éolien

http://energie-crise.fr
par PH
dimanche 12 mars 2017

Commentaire: (...) " Vanter le coût du kilowattheure éolien ou photovoltaïque est donc soit tromper consciemment, soit prouver son incompréhension du système électrique, soit les deux". Personnellement, les vues pencheraient volontiers pour la première supposition. Lobbying, argent et politique, le mariage de tous temps, non?...
php


La propagande antinucléaire n’hésite pas à utiliser la notion de prix du kilowattheure pour l’électricité issue du photovoltaïque ou de l’éolien, en la comparant à l’électricité nucléaire.

Utiliser le coût au kilowattheure pour des productions que l’on ne contrôle pas, comme si l’électricité était une énergie aussi stockable que les combustibles est une manipulation de l’opinion.

Qu’est-ce qu’une production électrique fatale ?



Dans une société industrielle, la demande d’électricité ne s’éteint jamais, elle est à peu près constante pendant une saison donnée. Il faut donc toujours être en mesure d’assurer une production électrique, c’est ce que fait un parc nucléaire de plusieurs dizaines de réacteurs. Observons maintenant la production éolovoltaïque de janvier 2017. On pourrait penser qu’un tiers de la production est à peu près assurée, mais il n’en n’est rien. Début janvier la production était quatre fois plus basse (270 MW soit 1,4% des 19 000 MW installés) . Ceci n’est pas exceptionnel et se reproduit 50 heures par an, autant de pannes d’électricité possibles sans sources électriques de soutien ou bien autant de centrales gaz impossibles à amortir, que nous imposent les antinucléaires.

Comment la réguler ?
Jusqu’à présent, alors que la production éolovoltaïque était encore faible, ce problème était résolu par l’hydraulique de barrage. Mais comme on le voit sur l’ensemble de ces productions électriques de janvier 2017 , la production des barrages qui varie communément de 8 à 10 GW et exceptionnellement jusqu’à 15 GW est désormais dépassée par la production du parc éolovoltaïque (presque 19 GW). On remarque aussi que la production à partir de biomasse ne régule pas les productions fluctuantes. La production d’électricité à partir de biogaz est en effet constante. Ou alors il faudrait financer de coûteuses citernes pour stocker le méthane pour toute nouvelle puissance sur le réseau. L’hydraulique et la biomasse ne pouvant réguler, il faut donc raisonner désormais comme si toute nouvelle production était uniquement éolienne et photovoltaïque. On est donc ramené au premier graphique : comme l’éolien et le photovoltaïque ne peuvent plus être régulé par d’autres ENR pilotables et qu’elles n’assurent pratiquement aucune production ; dans un monde décarboné, elles vont se substituer au nucléaire et donc leur coût doit être comparé uniquement au coût marginal de celui-ci. Le coût du nucléaire n’est pas non plus le coût d’une tête de série pendant sa période d’amortissement, mais le coût moyen d’un parc sur une longue période.

Il ne faut donc pas comparer 60 ou 80 euros par mégawattheure, coût du PV et de l’éolien annoncés récemment à 120 euros (HinckleyPoint) , ni à 60 euros (Parc nucléaire France) , mais seulement à 5 euros par mégawattheure, prix du combustible et de son retraitement. On comprend pourquoi l’éolien et le photovoltaïque font monter le prix de l’électricité ; ce ne sont pas des sources à part entière, mais elles éteignent d’autres sources, augmentant aussi le coût en capital des centrales qui doivent s’arrêter.

Rouler à l’éolovoltaïque ?
On sait déjà que l’éolovoltaïque ne peut alimenter un système électrique. Utiliser les batteries pour réguler le système électrique est physiquement impossible et économiquement absurde. Le stockage entraîne une perte d’énergie de 20 % et coûte plusieurs fois le coût de l’électricité nucléaire, de sorte que quel que soit le prix du solaire, compte tenu de la proportion à stocker, il ne sera jamais compétitif. Il reste une dernière possibilité d’utiliser le kilowattheure éolien photovoltaïque, c’est de ne pas déstocker, en l’injectant dans les batteries des véhicules électriques.


On a considéré un parc de véhicules électriques qui serait alimenté par la quantité d’électricité éolienne et photovoltaïque produite. Envisager des décharges complètes du parc de batteries pour s’adapter à la production fluctuante, réduirait leur durée de vie avec la technique actuelle et donc augmenterait de plusieurs facteurs le coût du stockage, qui comme tout le monde le sait, est plus cher que le coût de production électrique. De toutes façons, comme on le voit sur le schéma, même pleinement chargées, les batteries des véhicules n’auraient pu tenir les premiers jours de janvier, et elles auraient été saturées pour absorber plusieurs jours de production éolienne. Ceci est confirmé par les scénarios négaWatt qui ont toujours choisi la voie pourtant beaucoup moins efficace de la méthanation au lieu des batteries, pour alimenter leur maigre système de transport. Ceci est cohérent avec l’opposition des antinucléaires à la voiture électrique qui peut être aisément rechargée toutes les nuits.

Utiliser le coût du kWh éolien ou photovoltaïque n’a pas beaucoup de sens, mais est exact ; le comparer au coût du kilowattheure d’une source modulable est une aberration. Le kilowattheure solaire était intrinsèquement trop cher il y a quelques années, il reste trop cher vu le service rendu, si on en installe plus. Faut-il s’amuser à éteindre la demande électrique en milieu de journée comme en Californie ? Les moyens de productions doivent s’adapter au réseau électrique et les coûts doivent se mesurer globalement : l’éolien et le photovoltaïque coûtent chaque année 5 milliards d’euros en France et 16 milliards en Allemagne. Vanter le coût du kilowattheure éolien ou photovoltaïque est donc soit tromper consciemment, soit prouver son incompréhension du système électrique, soit les deux.


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