vendredi 27 novembre 2015

Les Pays-Bas devraient s'employer à relever les défis énergétiques et environnementaux

OCDE Les Experts 
26-11-2015


En 2013 seulement 4,3% de la consommation énergétique des Pays-Bas provenait de sources renouvelables

Les Pays-Bas sont depuis longtemps un leader en matière de politique de l’environnement. Au cours des dix dernières années, ils ont découplé les émissions de gaz à effet de serre de la croissance économique et cessé quasiment toute mise en décharge de déchets. Néanmoins, comme le souligne l’OCDE dans un nouveau rapport, le pays doit faire face à de nouveaux défis, car les combustibles fossiles pèsent encore très lourd dans son mix énergétique et d’autres pressions se profilent en raison de la congestion des routes et de l’agriculture intensive.


L’Examen environnemental des Pays-Bas de l’OCDE (seulement disponible en anglais) salue la baisse de l’intensité carbone de l’économie néerlandaise, le recul de la pollution atmosphérique et le large recours aux écotaxes. Il relève également que les Pays-Bas sont l’un des pays de l’OCDE qui affichent le meilleur rendement d’utilisation des matières et que les taux de recyclage et de valorisation énergétique y atteignent des niveaux élevés.

Cela étant, les combustibles fossiles représentent encore plus de 90 % des approvisionnements totaux en énergie primaire, la cinquième plus forte proportion parmi les 34 pays membres de l’OCDE. Les énergies propres sont en progression, mais les renouvelables – dominés par la biomasse solide et les déchets municipaux – n’entraient toujours que pour 4.2 % environ dans les approvisionnements énergétiques en 2013.

Dans ces conditions, les Pays-Bas n’atteindront vraisemblablement pas les objectifs de production d’énergie d’origine renouvelable et d’efficacité énergétique fixés par le gouvernement dans l’Accord sur l’énergie pour une croissance durable de 2013.

La part des renouvelables dans les approvisionnements énergétiques est la troisième plus faible de l’OCDE



« Les Pays-Bas ont su être un pionnier dans le domaine des politiques vertes, mais ils se retrouvent aujourd’hui face à de nouvelles pressions environnementales et des objectifs ambitieux en matière d’énergies propres et d’efficacité énergétique », a déclaré Simon Upton, Directeur de l’environnement à l’OCDE « C’est l’une des économies les plus modernes et les plus dynamiques du monde. S’ils ne trouvent pas le moyen de venir à bout des grands problèmes d’environnement d’aujourd’hui, le reste de la planète aura du mal à y parvenir ».

Comme la plupart des pays européens, les Pays-Bas ont vu leurs émissions totales de GES diminuer entre 2000 et 2012, mais cette baisse a été moins marquée que dans beaucoup d’autres.

Les Pays-Bas taxent plus fortement l’énergie que la plupart des pays de l’OCDE, mais cette fiscalité est inégale selon les sources et les utilisateurs. Les gros consommateurs d’énergie – et émetteurs de GES – se voient ainsi appliquer des taxes bien moins élevées que les petits, et ils bénéficient en outre d’une série d’exonérations et de mécanismes de remboursement. L’efficacité des taxes en termes de réduction des émissions de GES s’en trouve limitée.

La réforme de la fiscalité automobile destinée à abaisser les émissions de CO2 des transports a été moins efficace que prévu et s’est révélée un moyen onéreux de poursuivre le but visé, favorisant une érosion non négligeable de la base d’imposition. L’un des facteurs qui ont nui à l’efficacité de la réforme sont les écarts importants observés entre les émissions de CO2 et de NOx mesurées en cycle d’essais et les émissions effectives.

L’Examen recommande d’envisager à nouveau l’instauration d’une tarification routière – idée déjà étudiée par le passé, mais jamais mise en pratique – afin d’assurer une meilleure prise en compte des effets dommageables des transports sur l’environnement et d’aider à maîtriser la montée en flèche des encombrements dans les agglomérations attendue dans les années à venir.

Les Pays-Bas sont après la Corée le pays de l’OCDE le plus densément peuplé. L’agriculture intensive qui y est pratiquée représente un défi de taille dans l’optique de l’amélioration de la qualité de l’eau et des écosystèmes. Un tiers environ du territoire national est consacré à l’agriculture, et la consommation d’engrais azotés et de pesticides par kilomètre carré de terres agricoles est nettement plus élevée que la moyenne de l’OCDE.

L’Examen formule entre autres les recommandations suivantes:

· Intensifier les efforts d’amélioration des politiques climatiques et énergétiques pour faire en sorte que les objectifs soient atteints de la façon la plus efficace et économe possible.

· Reconsidérer le projet d’exonération fiscale du charbon utilisé pour la production d’électricité, compte tenu de ses répercussions sur la pollution atmosphérique locale.

· Faire davantage appel au marché de l’énergie de l’UE pour accroître la part des renouvelables.

· Mettre en place une tarification routière, en la substituant aux taxes sur les véhicules et en réduisant parallèlement les taxes sur les carburants.


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