2018, la suite de 2017 qui fut celle de 2016 qui fut celle de 2015... et puis quoi?

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30 /12 /2017

"Une terre qui sentait bon et résonnait de rires" Belle année 2018! Voisine
Depuis l'arrivée des deux éoliennes de Saint-Brais, j'ai changé neuf fois de calendrier. Une fois la commune nous en a offert un avec en image de tête une vue du village avec ses deux aérogénérateurs... Je l'ai retourné à son expéditeur: il faut avoir le cerveau débranché pour immortaliser ce triste spectacle et l'offrir à ceux qui sont aujourd'hui forcés de vivre avec.

J'ai changé neuf fois de calendriers... J'ai beaucoup pleuré, je me suis battue, j'ai beaucoup appris et j'ai entendu beaucoup de conneries. J'ai vu des acteurs de la lutte lâcher prise et de nouvelles forces plus jeunes la rejoindre. J'ai vu les rides se poser sur nos désillusions et j'ai vu grandir notre détermination à débusquer ce mensonge et la pourriture qui le nourri. J'ai constaté la misère de nos institutions politiques, la puissance de leurs mentors, la peur des hommes.


J'ai compris où l'on nous emmènera et ce que nous deviendrons si une force immense ne nous soulève pas tous contre cette marche forcée. J'ai essayé de diffuser l'information, d'inciter à tirer le rideau de ce décors absurde pour prendre conscience de ce qu'il cache et de ce qu'il augure. Neuf calendriers plus tard quand je lève les yeux sur le Jura, je vois 19 nouvelles machines géantes qui ont envahi le paysage, avec certes un peu de résistance, mais si peu. Et la suite arrive. Nous restons dans les rangs et nous laissons détruire ce qui nous est cher comme si nous n'avions rien vu et rien compris, voilà qui résume l'hypocrisie de ceux qui prétendent soutenir un développement écologique. Depuis 2009 et jusqu'à l'aube de 2018 tout roule vers le pire.

De temps en temps, mais de plus en plus souvent, je tombe sur des vrais, de ceux qui s'engagent et se mouillent pour arrêter la comédie verte ou la barbarie industrielle. Gaspard d' Allens et Jean-Baptiste Vidalou sont de ceux qui assurent. L'agonie de la presse, étouffée lentement mais sûrement par des affairistes malsains, donne naissance à de nouveaux médias plus libres et beaucoup plus nourrissants. C'est le cas de lundi matin, et aussi de Médiapart à qui nous devons cet interview dont je vous ai déjà parlé. Dans le département de la Meuse, déjà très largement colonisé par l'industrie, un bois est menacé de disparaître près de Bure (F) pour assouvir de nouveaux appétits destructeurs. Gaspard d' Allens, journaliste, fait partie de ceux qui luttent pour sa sauvegarde et J.B. Vidalou est l'auteur du livre "Être forêt". Extrait de l'intervention de Jean-Baptiste Vidalou:

"On était allé avec quelques copains passer un film qui s'appelle PAS RES NOS ARRESTA, qui raconte la lutte contre la construction d'un transformateur dans le Sud-Aveyron (...) C'était assez délirant d'arriver dans ce territoire complètement aménagé historiquement comme tu le disais, par l'agriculture industrielle et de voir aussi tout autour du site de l' Andra, (qui d'ailleurs est très architectural, on dirait un musée d'Art moderne ou une gare aéroportuaire, (...) et qu'autour de ce site très architecturé donc, il y avait des centaines d'éoliennes, et du coup on s'était dit, ça c'est le paysage apocalyptique que l'époque nous offre. C'est une espèce d'apocalypse smart à côté des déchets radioactif qui sont enfouis pour des milliers années, et tout autour une espèce de solution que l'on nous présente comme totale et qui est les éoliennes. Du coup face à ce ravage de l'existant, la seule réalité qui apparaissait faire sens pour les habitants c'était ce petit bois Lejuc. Je ne voudrais pas dire que c'est une forêt au sens premier du terme, ni même une forêt vierge, ni une forêt primaire, c'est vraiment un bois communal (...) et en fait là il y a vraiment du sens face à une époque qui ne promet que une crise de la présence, et là pour le coup il y a quelque chose qui est vraiment là, qui est absolument réel, qui s'organise dans les faits, et moi c'est cela qui m'a le plus impressionné. C'est ça aussi que j'ai envie de défendre dans cette histoire des forêts, que ce soit à Bure ou ailleurs dans les Cévennes, c'est toujours cette irruption débordante de la vie, du réel tel qu'il est là, face à un monde de plus en plus ravagé"

En 2018, mon calendrier sera illuminé par les sourires de ma petite fille, de quoi renouveler chaque mois le sens de nos luttes et la force de l'Amour nécessaire pour les mener à bien.
Les derniers mots de ce blog pour 2017, je les emprunte à Yannis Youlountas, parce que ses écrits résonnent fort en moi. Et parce qu'il se bat envers et contre tout avec une fraîcheur déconcertante qui frise parfois la naïveté, mais de celle qui vient du coeur. Du coeur d'un enfant...

"Exil.

JE N’AI QU’UN SEUL PAYS D’ORIGINE…

Je ne suis ni Français ni Grec. La seule frontière que je reconnaisse n’est pas dans l’espace mais dans le temps. Sa barrière implacable tourne sans cesse sur l’horloge et nous pousse vers l’inconnu et le néant.
Comme tout un chacun, j’ai été expulsé d’une terre lointaine où je ne reviendrai plus jamais. Une terre qui sentait bon et résonnait de rires. Une terre tout en grand et en apesanteur. Une terre qui n’est pas un lieu mais une époque. Je n'ai qu'un seul pays d'origine, c'est mon enfance. Et je vis en exil depuis lors.

Y.Y."


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