mercredi 17 janvier 2018

Cinq fautes d'orthographe à ne plus faire !


 
 
 
 
Orthographe - La plupart «aime» ou «aiment» le chocolat ? Ils se sont «parlé» ou «parlés» ? des «après-midi» ou «après-midis» ? La langue française foisonne de subtilités parfois bien étonnantes. Le Figaro répertorie ses pièges. Florilège.
Ah! la langue française, que ne nous fait-elle pas écrire parfois! Des «s» et des «t» au mauvais endroit, des accords étranges et des traits d'union parfois bien étonnants... Difficile en effet de ne pas tomber dans ses pièges et de produire des lignes, sans les truffer de fautes. Mais est-ce à dire qu'il faille composer au hasard? Certes non!
Bien heureusement pourtant pour nous, il existe des règles très claires pour éviter de se faire avaler tout cru par cette terrible bête noire qu'est l'orthographe. Jean-Joseph Julaud nous le rappelle avec brio dans son livre 10 règles de français pour faire 99 % de fautes en moins , (First).
● La plupart des gens «est» ou «sont»?
Le verbe s'accorde toujours en genre et en nombre avec le complément de la locution «la plupart». On écrit: «la plupart des gens sont intéressants.» L'auxiliaire «être» est ici conjugué en miroir de son sujet «les gens», donc au pluriel. De la même manière, on note «la plupart du temps est consacré au travail», le verbe être étant ici au singulier puisque rapporté à un sujet lui-même au singulier.
Souvenons-nous toutefois qu'en l'absence de tout complément avec la locution, le verbe prendra toujours la marque du pluriel. Le masculin primant. Pour être correct, on écrira: «La plupart se sont absentés.»
● Tous les lundi(s), toutes les «demi(s)-heure(s), à des années-lumière(s)?
Il paraît, selon le dicton, qu'à chaque jour suffit sa peine. Mais qu'à cela ne tienne! Jean-Joseph Julaud nous rappelle qu'en matière d'orthographe, il existe des règles immuables. A fortiori concernant l'écriture des noms des mois et jours de la semaine.
Les noms de mois prennent tous un «s» au pluriel. Exemple: Les «janviers», «févriers», etc. Idem pour les jours de la semaine. On écrit: «les lundis», «les mardis», «les dimanches», etc.
Mais attention! On écrira: «Fermé les mercredi et vendredi de chaque semaine.» Car il n'y a qu'un mercredi et vendredi par semaine.


Qu'en est-il de «demi(e)-heure»? Lorsque «demi» précède un nom, ce dernier reste invariable et se lie au nom par un trait d'union. On écrit ainsi: «une demi-heure» et des «demi-heures», comme des «demi-finales». Quand le terme «demi» suit à l'inverse le nom, il sera alors précédé de la conjonction «et», sans trait d'union, et s'accordera seulement en genre avec le nom. Par exemple: «cinq kilomètres et demi» et «deux heures et demie.»
● Elle s'est plaint(e)?
Lorsque le complément d'objet direct se retrouve dans les pronoms personnels singuliers «me, te, le» et pluriel «nous, vous, les», l'accord doit se faire. L'Académie française indique dans sa rubrique Dire/ Ne pas dire les exemples suivants: «Je les ai plaints» et «Elle s'est plainte de la tête». Précisons que le verbe pronominal s'accordera accolé au terme «en». La préposition ne jouant pas ici le rôle de COD. On écrit donc: «Elles s'en sont plaintes.»

● Des «hommes clé(s)», «des avant-première(s)», «après-midi(s)»
Lorsque deux noms se suivent, on accorde. Exemple: «Un chou-fleur devient des choux-fleurs». Mais attention, n'abandonnons pas toute réflexion! Ainsi que le note Jean-Joseph Julaud, concernant la formule «des hommes clé», il faut se souvenir que ce sont «les hommes» qui incarnent «la clé» d'un problème. Idem pour «des voyages éclair». Les voyages se font en «un éclair». Donc il n'y a pas d'accord.
Avec un nom + un adjectif, les deux mots varient. On écrit: «Un beau-frère» et «des beaux-frères», un «lieu-dit» et des «lieux-dits». Idem avec un adjectif + un adjectif.
Concernant la construction verbe + complément, cela se complique! Si le verbe ne prend pas la marque du pluriel, son nom lui, variera («des ouvre-boîtes», «des pense-bêtes», etc.) mais ce n'est pas automatique! Ainsi on pourra très bien écrire «des réveille-matin», des «au revoir», des «faire-part», «des on-dit», etc.
Idem pour la construction préposition + nom. Si la préposition sera invariable il n'en sera pas toujours le cas pour le nom. Exemple: des «après-midi» mais des «avant-premières».
N'oublions pas par ailleurs que certains noms composés au singulier pourront prendre la marque du pluriel. Exemple: «un porte-serviettes», «un porte-clés».

● Ils se sont «parlés» ou «parlé»?
Si le complément d'objet direct précède le verbe, alors le participe passé s'accorde. Exemple: «Ils se sont rincés.» Le pronom réfléchi «se» joue ici le rôle de COD. En revanche, si l'on écrit: «Ils se sont lavé les mains» (ils se sont lavés quoi? Les mains). Le COD se situe après le verbe, il n'y a pas d'accord.
Dans la même lignée, nous indique l'Académie française, le participe passé d'un verbe pronominal restera toujours invariable lorsque son pronom réfléchi sera un complément d'objet indirect. Les sages donnent comme exemple «se succéder». Dans ce groupe verbal, «se» est un COI. Si on remplace une personne, on succède à quelqu'un, on lui succède.» Il faut donc écrire: «Les différents stagiaires qui se sont succédé» et non «les différents stagiaires qui se sont succédés».
On écrira de la même manière «ils se sont parlé» (ils ont parlé à quelqu'un), «elle s'est permis de parler à haute voix» (permettre à quelqu'un) MAIS «elles se sont appelées» (chacun a appelé l'autre).

Bonus: «Tout» autre chose ou «toute» autre chose?
Si «tout» peut-être supprimé sans changer le sens des termes auxquels il se rapporte, il s'agit d'un adverbe et doit s'écrire: «tout», sans «e». On note ainsi: «C'est une tout autre histoire».
À l'inverse, lorsque «tout» devient un adjectif indéfini et ne peut être supprimé de sa phrase, il s'accordera au terme auquel il se rapporte. Exemple: «Toute autre étudiante serait partie».

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