samedi 31 décembre 2016

"Petit Lexique des guerres de religion d'hier et d'aujourd'hui"

Extraits de l'ouvrage d'Odon Vallet*, intitulé: "Petit Lexique des guerres de religion d'hier et d'aujourd'hui", Albin Michel, 2004.
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 (...) Avant-propos
Unir et séparer: tel est le double objectif des religions qui relient les croyants et s'opposent aux «mécréants». Communier et excommunier : telles sont les deux fonctions antagonistes du lien religieux qui lutte contre l'isolement et craint les divisions.
«Quand il croit ouvrir ses bras, son ombre est celle d'une croix et quand il croit serrer son bonheur, il le broie» Aragon (1)
Ce broyage collectif se retrouve dans toutes les guerres dont certaines dites «de religion». Le concept de guerre de religion date du XIXe siècle agnostique car il suppose que deux doctrines adverses sont tenues pour égales. Auparavant, on avait les guerres de la vérité contre l'erreur, de la «vraie foi» contre la «religion prétendue réformée», des disciples du Prophète contre les infidèles, du peuple d'Israël contre les idolâtres, etc.

Le religieux est toujours mêlé de profane. Les guerres d'Irlande englobent la crise de la pomme de terre (1848) comme la résistance catholique (2). La Réforme (3) est inséparable de la Renaissance (4) mais elle a aussi un lien avec les bactéries : la peste noire avait beaucoup affaibli l'Europe catholique (la perte démographique exigea une hausse des impôts ecclésiastiques que Luther (5) dénonça dans sa critique des «indulgences»), mais la syphilis liée aux grandes découvertes vint au secours du catholicisme.

Éradiquer les religions ne supprime pas les guerres de religion. L'athéisme a tué la vie éternelle mais il a ses martyrs qui luttent pour «des lendemains qui chantent», pour un paradis sur terre qui vaut celui du ciel; l'idéal d'une cause remplace l'absolu de Dieu.

Les voies romaines avaient leurs conciliabuli (6) où l'on échangeait valeurs matérielles et spirituelles entre temples, théâtres et entrepôts. La Route de la soie (7) avait ses caravansérails où l'on faisait négoce des biens et commerce des dieux entre monnaies grecques et statues bouddhiques. Le dialogue interreligieux a, depuis trente siècles, coexisté avec les guerres de religion. Tel est le bilan mitigé du brassage des croyances et du frottement des idées.

Acétone
De la poudre pour une patrie
Le foyer national juif, prototype de l'État d'Israël, est inséparable des grands conflits européens. La promesse de ce Foyer date du 2 novembre 1917 et vient du chef du Foreign Office (8), Arthur Balfour (9). À cette promesse d'une émigration des juifs en Palestine (pour échapper aux pogroms d'Europe centrale) correspondait la promesse d'une déclaration de guerre des États-Unis d'Amérique (aux côtés de la Grande-Bretagne) grâce à une action de lobbying des juifs américains alors qu'une frange importante des sionistes allemands soutenait l'Allemagne. Et, cette déclaration étant effective le 6 avril 1917, le ministre britannique n'avait qu'à tenir ses engagements.

Si la «déclaration Balfour» avait la forme d'une lettre adressée à Lord Rothschild (10), la personnalité la plus en vue de la communauté juive britannique, le véritable initiateur de cette mission était un chimiste d'origine russe installé à Manchester, Haïm Weizmann (11). Celui-ci avait mis au point un procédé de fabrication de l'acétone, solvant utilisé dans la fabrication d'explosifs. Cette invention lui permit de nouer des contacts précieux avec les dirigeants britanniques, inquiets de la faiblesse de leur artillerie, notamment dans la désastreuse offensive de la somme (avril 1916). Avec l'acétone et l'Amérique, Weizmann donnait aux Anglais de bons obus et de bons alliés.

Comme la Palestine était alors occupée par l'Empire ottoman, allié de l'Empire allemand, le gouvernement britannique voulut aussi séduire les rivaux des Turcs, les Arabes, et leur promit (dès 1916) un royaume arabe indépendant couvrant l'ensemble du Proche-Orient, y compris la Palestine. Les Anglais assuraient à la fois un Foyer juif et un royaume arabe, c'est-à-dire une même terre à deux peuples.

L'antijudaïsme païen de l'Allemagne nazie conduisit à la création de l'État d'Israël. Le mouvement sioniste du début du XXe siècle était en grande partie laïque voire marxiste, inspiré par les thèses socialistes qui s'incarnèrent dans les kibboutzim israéliens, équivalents des kolkhozes russes (12)). Mais le durcissement du conflit entre Juifs et Arabes sur la même terre de Palestine a engendré une radicalisation des esprits en favorisant l'intégrisme religieux. Quand, en 1949, Haïm Weizmann devint le premier président de l'État d'Israël, Jérusalem n'était pas encore une ville dominée par les orthodoxes juifs et n'avait pas à se défendre contre les kamikazes islamistes. De même, l'islamisme conservateur se méfia du mouvement palestinien jugé progressiste et composite (de nombreux chrétiens arabes, comme George Habache (13), furent ses premiers combattants.

Haïm Weizmann était partisan d'un État paritaire juif et arabe. Il voulait voir la Palestine «éternellement et complètement libre» adhérer au Commonwealth (1937). Comme l'expert en dynamite Nobel (14)  créa un prix pour la Paix, l'expert en acétone Weizmann voulait un État pacifique.

Afrique
Le chameau et le cargo
L'Afrique est un continent où les sources écrites très anciennes sont (sauf en Égypte) assez rares. Si l'Histoire commence avec l'écriture (ce qui peut se discuter), elle débute en Afrique noire au XVIe siècle avec l'arrivée des Européens et n'atteint toutes les régions qu'à la fin du XIXe siècle avec l'arrivée des derniers grands explorateurs dans des tribus ou royaumes gouvernés oralement.

L'Afrique antique n'était connue que par son extrémité nordique : le mot même d'«Afrique» désignait, pour les Grecs, la côte tunisienne. Celle-ci fut occupée, dès le IXe siècle avant J.-C., par les Phéniciens, qui amenèrent leurs dieux (Melpart, «Roi de la cité», Baal, maître suprême, etc.) et leurs cultes, lesquels comportaient prostitution sacrée et (probablement) sacrifices d'enfant.

À cette époque, la Méditerranée était une mer médiatrice et la même civilisation unissait l'Europe du Sud et l'Afrique du Nord. De même, l'Afrique devint chrétienne en même temps que l'Europe et elle eut plus que sa part de martyrs. Ceux-ci furent glorifiés et leur culte engendra le schisme donatiste : Donat, évêque algérien, de Cellae Nigrae (Cases-Noires) en Numidie, estimait que les renégats (lapsi) devaient être excommuniés et que seule l' «Église pure», sans traîtres (traditori), était dans le vrai.

Cette coupure entre purs et impurs se retrouvera, un millénaire plus tard, chez les carthares, dont la doctrine, comme celle des donatistes, séduisit surtout les petites gens. Le radicalisme donatiste illustre bien cette intransigeance populaire qui nourrit de revendications sociales et nationales (kabyles) exprimées par les paysans révoltés et les moines exaltés (circoncellions ) (15), à la fois mendiants et brigands.

La répression commença sous l'Empereur Constantin (16)) et eut raison des donatistes qui furent ainsi persécutés tour à tour par des païens et des chrétiens.

L'invasion des Vandales (17)) apporta son lot de violences profanes et de guerres saintes car ces Germains convertis à l'arianisme (18) persécutèrent (vers 482-484) les catholiques orthodoxes fidèles à la double nature humaine et divine du Christ. Ce «vandalisme» se heurta à une résistance des Berbères et à une reconquête de Byzance (533-534). Mais ces troubles théologico-politiques affaiblirent le christianisme africain et facilitèrent l'implantation de l'islam.

Celle-ci fut d'abord limitée aux côtes christianisées où les musulmans construisirent des ribats, monastères fortifiés où les dieux guerriers, les mourabitin, partageaient leur temps entre la prière et la lutte contre les envahisseurs infidèles : l'islam eut des moines-soldats. L'islam gagna les régions subsahariennes par les pistes caravanières et secondairement par les voies maritimes orientales (de l'océan indien). À l'inverse, les colonisateurs européens et chrétiens empruntèrent surtout les routes océaniques occidentales : pour les africains, l'islam est venu en chameau et le Christ en cargo.

Dans presque toute l'Afrique équatoriale de l'Ouest, le Nord et l'intérieur des pays sont musulmans, le sud et la zone côtière chrétiens et animistes (19). Cette coupure est très nette en Côte-d'Ivoire et au Nigeria. Ces considérations sont valables pour d'autres régions (Inde et Chine). Les frontières des États africains ayant été tracées au XIXe siècle par les colonisateurs européens selon des critères commerciaux liés à la remontée des fleuves, tout pays chrétien à son «arrière pays» musulman.

L'application de la charia (20) au Soudan s'est accompagnée d'une véritable persécution des chrétiens qui ont créé une Armée de libération des peuples du Sud et un mouvement pour l'indépendance du Sud-Soudan, première tentative pour remettre en cause les frontières fixées par les Européens (21)). En Ouganda, un mouvement de l'Esprit-Saint (1987) et une Armée de résistance du Seigneur (1995) ont subi ou provoqué des milliers de morts. En Côte-d'Ivoire, les escadrons de la mort pourchassent les membres des ethnies musulmanes du Nord sont inspirés par la présidente Simone Gbagbo et ses conseillers protestants «Évangéliques».

Aux violences des musulmans islamistes répondent celle des chrétiens intégristes. En matière d'œcuménisme, l'Afrique noire est mal partie.


Animisme
La magie de la guerre
«Objets inanimés, avez-vous donc une âme,
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer?»

Ces célèbres vers de Lamartine (22) sont la meilleurs définition de l'animisme, forme de religion pour laquelle tout objet naturelle (arbre, roche, astre) est animé d'un esprit, habité par un dieu.

On classe généralement le shintoïsme (voie de l'esprit) japonais parmi les religions animistes car il vénère huit cent millions de divinités (Kami) habitants les volcans, les forêts, les îles et les champs. Le Japon s'opposa longtemps aux influences occidentales : de 1587 à 1873, le christianisme fut interdit et persécuté. L'influence bouddhiste n'eut pas d'effet non violent et le pays du Soleil Levant, qualifié par saint François-Xavier (23) de «florissant jardin de Dieu», devint une terre de martyrs.

Les îles du Pacifique mirent à mal le mythe du bon Sauvage. Le refus de la polygamie et des coutumes locales par les religieux occidentaux fut la cause d'atrocités (anthropophagie) qui cessèrent quand furent menées de pair, évangélisation et inculturation. Aujourd'hui 90% des Papous (populations autochtones de la Nouvelle-Guinée, une île partagée entre la Nouvelle-Guinée occidentale sous souveraineté indonésienne et la Papouasie-Nouvelle-Guinée) sont baptisés sans pour autant abandonner toutes leurs croyances dans les esprits. Alors que les grandes religions constituées (islam, hindouisme, bouddhisme) résistent aux conversions, les cultes animistes morcelés, dépourvus de dogmes forts et de livres saints, sont perméables aux baptêmes. Et beaucoup de chrétiens actuellement persécutés (notamment en Indonésie) sont d'anciens animistes.

Mais les persécutés peuvent devenir aussi les persécuteurs et retrouver leurs anciennes coutumes barbares :
  • des Dayaks «coupeurs de têtes» (chrétiens ex-animistes), en 1997, ont tranché le crâne de musulmans immigrés venus de Java.
  • certains Karens chrétiens (ex-animistes, Birmanie) ont créé une Armée du Seigneur, composée de fanatiques baptistes dirigées par deux jumeaux de douze ans. 
  • Tutsis et Hutus fraîchement catholiques et anciennement animistes se sont entretués.
Mêlant intimement coutumes profanes et croyances sacrées, l'animisme pose aux grandes religions et civilisations modernes le problème des modes de vie et de croyance traditionnels face à la modernité occidentale. Doit-on refuser la magie du passé au nom du mythe du progrès? Peut-on mettre hors-la-loi des pratiques ancestrales au risque de révoltes locales?

Antisémitisme
Un mot à double sens
La persécution des juifs est-elle une guerre de religions?
La qualité du conflit est liée au choix des caractères : avec une minuscule, le mot «juif» désigne le membre d'une religion comme le catholique ou le musulman. Avec une majuscule, il désigne le descendant des habitants d'une région, la Judée, comme le Breton ou le Normand. Cette subtilité de la langue française ne se retrouve pas dans d'autres idiomes comme l'allemand et n'existait pas dans l'Antiquité, lorsque ni le grec (de l'époque) ni l'hébreu ne distinguaient majuscules et minuscules.

Mais elle met en évidence l'ambiguïté du judaïsme qui relève à la fois à l'appartenance nationale et de la fidélité spirituelle, de la filiation humaine et de la terre des ancêtres. La notion de peuple de Dieu résume cette diversité. Le judaïsme est très lié au sionisme comme l'hindouisme à l'indianité. Mais, le judaïsme y ajoute la prétention ou la vocation à l'universel d'un dieu incomparable et d'un peuple irréductible : en un sens faire la guerre aux juifs serait faire la guerre aux hommes.

La «guerre des Juifs» (Ier et IIe siècles après J.-C.), ainsi qualifiée par l'historien judéo-romain Flavius Josèphe (24), était plus modestement une rébellion des colonisés contre l'occupant romain, assez semblable à la révolte des Cipayes indiens (1857) contre l'occupant britannique. La terrible répression qui fit des centaines de milliers de victimes fut une vraie «désolation» (Shoah) mais ne suffit pas à transformer un mouvement d'indépendance en guerre de religion même si certaines violences romaines (pillage du trésor du Temple, interdiction de la circoncision) eurent une dimension antireligieuse. La véritable guerre de religion de l'Antiquité romaine fut la persécution des chrétiens.

Au Moyen-Âge, à partir de 1096 (date de la première croisade) se développent un sentiment et une activité antijuifs qui relèvent à la fois de l'intolérance religieuse (les «perfides juifs» seraient les assassins du Christ) et de la rivalité profane (les artisans, les commerçants et financiers juifs seraient de mauvais payeurs et prêteurs).

Au XIXe siècle, le mouvement des nationalités engendra l'antisémitisme moderne : si les Juifs forment une nation, ne sont-ils pas un État dans l'État, voire un groupe de traîtres à leur pays, d'apatrides au service de l'étranger? Le nationalisme russe (teinté d'orthodoxie) engendra les pogroms et le nationalisme allemand teinté de paganisme (25), la Shoah. Par une affreuse équivalence, quand l'Allemagne eut six millions de chômeurs, elle tua six millions de juifs.

Le mot même d'«antisémitisme» n'a aucun caractère religieux : apparu en allemand (antisemitismus) vers 1880, il fut reprit en français et en 1886, par Édouard Drumont (26) auteur de la France juive. Il devient une expression courante à partir de 1894 et de l'affaire Dreyfus. L'antisémitisme désigne, en fait, l'antijudaïsme. Or la notion de sémitisme est purement linguistique : c'est une tournure propre aux langues sémitiques comme un germanisme est une particularité des langues germaniques. Les langues sémitiques englobent le phénicien et l'arabe mais on n'a jamais parlé d'antisémitisme pour les ennemis du Liban et de l'Arabie. Mais, comme dans l'Allemagne du début du XXe siècle résidaient des Juifs et non des Arabes, l'antisémitisme s'est appliqué aux premiers et pas aux seconds. Pourtant, la plupart des juifs européens de l'époque ne parlaient pas un mot d'hébreu.
Ces confusions de vocabulaire montrent à quel point la haine peut aveugler les hommes, la religion n'étant qu'un élément des différences qui suscitent le rejet.


Arabes
La foi au galop
Comment dominer les peuples sans conquérir les âmes? Peut-on répandre un empire sans répandre sa foi?

Rome colonisa toutes les «terres connues» de la planète sans toucher à leurs dieux et n'imposa qu'à l'époque impériale le culte universel de l'empereur divinisé. La Grande-Bretagne posséda le sous-continent indien sans chasser l'islam ou l'hindouisme : la reine Victoria (27) n'a jamais cherché à transformer les Indiens en protestants. Et quand la France conquit l'Algérie, Napoléon III (28) et la maréchal Mac-Mahon (29) s'opposèrent au cardinal Lavigerie (30)) qui voulaient convertir les jeunes musulmans.

Mais à la mort de Mahomet, les armées arabes répandirent la foi musulmane de la Garonne à l'Indus : en moins d'un siècle, une partie du monde avait changé de chef et de dieu, passant sous le contrôle du calife et la tutelle d'Allah. Certes des minorités gardaient leur religion juive, chrétienne ou zoroastrienne (31) vivaient avec le statut de dhimmi (protégés) au prix d'un impôt spécial. Ainsi, on ne peut pas séparer conquêtes arabes et expansion de l'islam.

Pourquoi celles-ci furent-telles aussi rapides? Parce que l'union des Arabes fit leur force et la désunion de leurs adversaires leur faiblesse. Sous la bannière du dieu unique, les soldats du Prophète combattirent deux empires rivaux, l'un romano-byzantin et l'autre pseudo-sassanide. Entre rois iraniens assassinés et évêques africains excommuniés, entre révolutions de palais et querelles de sacristie, les Arabes progressaient facilement : le croissant de l'islam remplaçait la croix du Christ et le feu de Zoroastre.

Pour l'empereur de Byzance Héraclius (32) l'ennemi était iranien et, quand il peut ramener (en l'an 630) ses armées à Jérusalem et la sainte Croix (dérobée en 614 lors de la prise de Jérusalem par Chosroès II) dans sa basilique, la victoire semblait acquise. Or le calife Omar prenait Ctésiphon (la capitale sassanide, située en Irak) en 637 et Jérusalem en 638. La première grande bataille, en l'an 634, eut lieu sur les rives du Yarmouk (33), près du lac de Tibériade. La victoire de l'islam fut due au rôle décisif de la cavalerie légère : l'unité des croyants-combattants et la rapidité des chevaux permirent de vaincre la lourde armée byzantine d'Héraclius. Mais il faudra encore huit siècles, jusqu'à la prise de Constantinople (1453) pour que l'empire byzantin s'effondre. La deuxième bataille, en l'an 635, celle d'Elquadissiya, eut lieu au nord de Koufa, sur les rives de l'Euphrate (34). Elle vit la victoire des Arabes sur les Persans et des chevaux sur les éléphants. Deux ans plus tard, les armées musulmans prirent Ctésiphon et s'ouvrirent les portes de l'Iran qui fut conquis en une dizaine d'années.
Désormais, la religion de Mahomet s'étendait au-delà du monde sémitique : dans la Perse indo-européenne, l'Afrique berbère, les villes hellénistiques, etc. On pouvait donc se dire musulman sans être arabe.

Arts martiaux
Mystique et combat
On les connaît sous ce nom depuis 1933, date où fut formé le néologisme anglais martial arts, à une époque où le militarisme nippon était à son apogée. La lutte, le pugilat et le pancrace (sorte de catch) figuraient au programme des Jeux olympiques antiques où les combattants nus invoquaient Zeus avant leurs assauts. Le christianisme, à la suite du judaïsme, refusa ces jeux «païens» (l'évêque Ambroise de Milan fit interdire les Jeux olympiques par l'empereur Théodose en 393 avant J.-C.) et donna à la lutte une dimension plus spirituelle et moins corporelle :

«Je boxe ainsi, je ne frappe pas dans le vide» (I Corinthiens 9, 26), disait saint Paul (35) pour illustrer son match contre le mal.

À la fin du XIXe siècle, le rétablissement des Jeux olympiques est proposé par un religieux dominicain, le Père Dindon, et effectué grâce à un aristocrate français, le baron de Coubertin (36).

La conjugaison (yoga) de l'âme et du corps a toujours été présente dans la pensée indienne et se manifeste dans les arts martiaux du sud de l'Inde, tel le Kalaripayat (37).

Ces arts martiaux indiens ont pu influencer les arts chinois eux-mêmes marqués par la figure mythique, d'un moine indien du VIe siècle après J.-C., Bodhidharma (38), qui aurait exporté dans l'Asie du Sud-est les méthodes de concentration connues sous le nom de dhyana (sanskrit), chan (chinois) et zen (japonais). Le premier fruit de cette méthode fut le kung-fu (effort méritoire), l'un des nombreux «arts de la guerre» (wushu) chinois. Cette technique fut élaborée, à partir du VIIIe siècle après J.-C., par des moines bouddhistes du monastère de la Petite Forêt (shaolins) en butte aux attaques des pillards. Ce monastère situé à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Deng Feng, avait été créé au premier siècle de notre ère par un certain Batuo, nommé le «premier Ancêtre» et consacré en 496 par l’Empereur Xiaowen (Chao Wen) des Wei du nord qui lui décerna le titre de «premier monastère sous le Ciel». Il s’agissait donc d’un monastère déjà très connu avant l’arrivée de Bodhidharma.

Les Japonais perfectionnèrent des arts martiaux chinois et inventèrent leurs propres «voies» (dô) de combat comme le jûdô (voie de la souplesse), le karate dô (voie des mains vides), l'aikidô (voie de l'harmonie du souffle), le taekwondô (voie des pieds et des poings) d'origine coréenne, etc. La plupart de ces techniques de combat ont une origine religieuse : le sumô est issue du shintoïsme et ses rites de fertilité (l'obésité témoigne de l'abondance des récoltes de riz); le judo a été crée, en 1882, dans un temple bouddhiste de Tokyo. Ces techniques célèbrent un mariage de contraires qui est l'objectif ultime de phénomène religieux et la résolution expresse des tensions humaines.
Des tatamis du troisième âge aux commandos des forces spéciales, les arts martiaux sont diversement utilisés, pour tuer son prochain ou rajeunir son corps, repousser les agressions ou se forger un mental.


Assassins
La drogue de la haine
Les «Assassins» étaient des chiites mais les chiites ne sont pas des assassins. Les Assassins formaient un groupe de musulmans chiites qui, au IXe siècle, vivaient dans des forteresses de Perse (Alamût) ou de Syrie. Ils haïssaient à tel point les dirigeants sunnites du monde arabe qu'ils firent allégeance aux croisés (1227). Ils furent vaincus (vers 1273) par deux monarques pourtant rivaux :
  • le sultan mamelouk musulman Baïbars (39),
  •  le chef mongol antimusulman Hulagu (40).
Ces terroristes étaient des chiites ismaéliens septicémains, vénérant le septième imam, Mohamed Ben Ismaël, et se distinguant des chiites duodécimains vénérant les douze premiers imams, comme des chiites zaydites vénérant les cinq premiers imams. Les duodécimains, majoritaires dans le chiisme, vivent surtout en Iran et les zaydites au Yémen, mais il est bien impossible de les situer sur une échelle de la violence. Les positions extrémistes de Khomeiny (41) sont des caricatures du chiisme iranien.


Influencés par l'ismaélisme tout en ayant des convictions originales, les alaouites de Syrie (croyant en une triade composée d'Ali, de Mahomet et de Salman le Persan, compagnon du Prophète) vécurent comme les Assassins, dans des refuges montagneux. Ils furent historiquement autant persécutés que persécuteurs, et jouent aujourd'hui un rôle majeur dans le politique syrienne à travers la personne et la famille du président Al-Assad (42).

La même ambiguïté vaut pour les druzes du Liban qui vénèrent Al-Hakim, un calife sanguinaire du XIe siècle, considéré comme une réincarnation de Dieu. Comme toutes les minorités menacées, les druzes ont de fortes traditions militaires (certains font leur service militaire dans l'armée israélienne). En 1860, avec la complicité des Turcs, ils massacrèrent vingt mille chrétiens. En 1926, ils se révoltèrent contre la France qui exerçait sur le Liban une tutelle au nom de la Société des Nations (SDN). Mais, ils sont été aussi persécutés. Cette petite communauté où les mariages mixtes sont interdits, eut à se défendre contre les sunnites égyptiens, les croisés latins et les turcs ottomans. Et comme ils ne font pas le ramadan et ni le pèlerinage à La Mecque, leur cote est assez basse dans le monde musulman.

Mais pourquoi les Assassins ont-ils disparu rapidement alors que les alaouites et les druzes ont survécu? La question est celle des fins et des moyens. Qu'est-ce qui distingue Attila (43) et Mahomet (44), ces deux chefs militaires?. Le premier a laissé des ruines et le second un Livre. L'empire du premier s'écroula après sa mort, l'œuvre du second a traversé les siècles. De même, les Assassins n'ont pu donner à leur action militaire une base théorique alors qu'alaouites et druzes ont construit une doctrine syncrétique.

Mettre un Coran sur une épée ou une croix sur un char (comme les milices chrétiennes au Liban), c'est faire œuvre de mort. Mais pour donner des raisons de vivre, il faut avoir des motifs de croire et, donc, de transmettre une foi, laquelle ne peut se confondre avec la haine à moins de confondre le bain de sang avec l'eau bénite. Quand aux Assassins, ils eurent des descendants très pacifiques. Car si le chiisme ismaélien nizaride (celui des hachaychin) fut progressivement dispersé, dès le IXe siècle, une grande partie d'entre eux (les moustaailites) se regroupèrent sous la direction d'un chef spirituel, l'Aga Khan, noble Iranien qui dut s'exiler en Inde. Son altesse impériale et royale le prince Aga Khan, vénéré par ses sujets, anobli par la reine d'Angleterre (impératrice des Indes) et le Shah d'Iran, dirige aujourd'hui une communauté de dix millions de fidèles et n'a rien d'intégriste ni d'un terroriste. Le successeur des Assassins aime mieux jouer au tiercé qu'à la guerre. Qui s'en plaindrait?


Auguste
Où le pouvoir divinisé
Il était celui qui donne les présages et reçoit les honneurs, l'«Augure» et l'«Auguste»; celui qui fait exister l'empire et prospérer les cultes, l'«autorité» humaine et l'«auxiliaire» divin. Il faisait «augmenter» la richesse et le pouvoir de Rome.

Octave (45) reçut ce titre du Sénat en 27 avant J.-C. Et il transforma la république romaine en monarchie de droit divin. Il devient grand pontife (summus pontifex), titre qui sera repris par le souverain pontife des chrétiens, le pape. Pourtant, les chrétiens ont été persécutés par cet Auguste, titre transmis à tous les empereurs romains.

Quand Vénus la Romaine était assimilée à Aphrodite la Grecque, Astarté la Phénicienne ou Ishtar la Babylonienne, il n'y avait nulle raison de s'en prendre aux statues des déesses ou aux corps de leurs dévots. Mais Jésus, dit le Christ, ne peut être assimilé à aucun dieu païen (comme d'ailleurs le dieu des juifs) et, surtout, sa divine personne ne pouvait se comparer à l'auguste empereur. Saint Paul avait pourtant enjoint aux chrétiens l'obéissance à l'empereur : «Que toute âme soit soumise aux autorités exerçant le pouvoir, car il n'y a d'autorité que par Dieu et celles qui existent sont établies par lui» (Romains 13, 1).

Or, Auguste reçoit son pouvoir non de Dieu mais des dieux et fait l'objet d'un culte dont aucun roi juif, même David ou Salomon, n'avait jamais bénéficié. Le monarque romain est un roi divinisé, le sauveur de l'empire, comme Jésus est le sauveur du monde.

Le judaïsme avait été persécuté à cause d'une rébellion nationale (la guerre des Juifs), le christianisme fut pourchassé en raison d'une religion redoutable préférant à l'empereur vénéré (plus ou moins selon les monarques), un charpentier crucifié. Les juifs n'adoraient pas un dieu engendré : le dieu de la Bible est un pur esprit. Les chrétiens adorent un Verbe fait chair, dangereux rival d'un homme divinisé.

Mais quand, à partir de Constantin (306-337), l'empereur devint chrétien, il adopta une politique chrétienne sur le double plan social et moral :
  •  limitation du pouvoir des maîtres sur leurs esclaves et des parents sur leurs enfants,
  • mesures empêchant le divorce et le concubinage, 
  • suppression de taxes (datant d'Auguste) sur les célibataires pour favoriser la virginité.
Et, pour la date de Noël, on retient le 25 décembre, jour du sol invictus (soleil invaincu), culte incarné par l'empereur païen Aurélien (46), le Soleil fait homme.

Pourquoi donc tant de martyrs et de massacres si le nouvel ordre ressemble tant à l'ancien? La «conversion» est ici pour les croyants un virage à 180 degrés qui inverse la voie sans changer l'axe. Et l'on notera enfin que la pire persécution, celle de Dioclétien (47), fut l’œuvre d'un centralisateur (il regroupa les provinces en douze diocèses).

Civil ou religieux, le pouvoir ne se partage pas, et plus le centre est fort, plus il peut porter des coups. Un millénaire plus tard, Robespierre s'en souviendra et déclenchera contre l'Église de France, la Terreur jacobine. (...).

A suivre...


* Odon Pierre Maurice Marie Vallet, né le 3 septembre 1947 à Paris 8e, est un spécialiste français des religions.

Notes
(1) Louis Aragon, né le 3 octobre 1897 à Neuilly-sur-Seine et mort le 24 décembre 1982 à Paris. Poète, romancier, journaliste et essayiste. 
(2) Le XIXe siècle est marqué par une émigration massive des Irlandais (plusieurs millions) en direction de l'Amérique.
(3) Mouvement de rénovation de l'Église catholique romaine, qui prend ses origines dans les réflexions spirituelles du XVe siècle, et qui se développe dans le courant du XVIe siècle.
(4) Renaissance culturelle qui se produisit en Europe au XVe et XVIe siècle
(5) Martin Luther, né le 10 novembre 1483 à Eisleben et mort le 18 février 1546, id.. Moine augustin, théologien, professeur d'université, père du protestantisme et réformateur de l'Église.
 (6) Du latin conciliabulum «lieu de réunion ».
 (7) Réseau de routes commerciales entre l'Asie et l'Europe allant de Changan en Chine jusqu’à Antioche, en Syrie médiévale. Cette dénomination, forgée au XIXe siècle, est due au géographe allemand Ferdinand Von Richthofen.
(8)Le Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth (Foreign and CommonwealthOffice ou FCO), plus couramment appelé Foreign Office est un département exécutif du gouvernement britannique en charge des affaires étrangères, de la construction européenne et des relations avec les pays membres du Commonwealth.
(9) Arthur James Balfour, né en Écosse et mort le 19 mars 1930 à Whittingehame. Premier ministre du Royaume-Uni et chef du parti conservateur.
(10) Lionel Walter Rothschild, né le 8 février 1868 et mort le 27 août 1937. 2e baron de Rothschild. Banquier et zoologiste.
(11) Chaim Weizmann ou Haim Weizmann, né le 27 novembre 1874 et mort le 9 novembre 1952. Chimiste. Premier Président de l'État d'Israël entre 1949 et 1952, élu le 16 mai 1948.
(12) Coopérative agricole de production qui avait la jouissance de la terre qu'elle occupait et la propriété collective des moyens de production.
(13) Nom de guerre Al-Hakim, né le 2 août 1926 à Lydda et mort le 26 janvier 2008 à Amman. Nationaliste palestinien, fondateur et ancien secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP).
(14) Alfred Bernhard Nobel, né le 21 octobre 1833 à Stockholm et mort le 10 décembre 1896 à San Remo. Chimiste, industriel et fabricant d'armes suédois. Inventeur de la dynamite. Légua son immense fortune pour la création du prix Nobel).
(15) Durant l'Antiquité romaine, les circoncellions —de circum cellas, ceux qui vont de grange en grange— sont des saisonniers ou des journaliers africains qui se louent au temps de la moisson ou de la cueillette des olives.
(16) Constantin Ier, Flauius Valerius Aurelius Constantinus, né le 27 février 272 à Naissus et mort le 22 mai 337. 34e empereur romain.
(17) Peuple germanique oriental.
(18) Courant de pensée dû au théologien alexandrin, de langue grecque, Arius, né en 256 et mort en336. L'arianisme défend la position selon laquelle la divinité du Très-Haut est supérieure à celle de son fils fait homme.
(19) Du latin animus, âme. Croyance en une âme, une force vitale, animant les êtres vivants mais aussi les éléments naturels, comme les pierres ou le vent mais aussi aux génies protecteurs.
(20) Ensemble des normes doctrinales, culturelles, morales et relationnelles édictées par la Révélation. Le terme utilisé en arabe dans le contexte religieux signifie : «chemin pour respecter la loi [de Dieu] ».
(21) A la suite du référendum d'autodétermination organisé du 9 au 15 janvier 2011, le Sud-Soudan (capitale Djouba) va accéder à l'indépendance, vis-à-vis de la République du Soudan le 9 juillet 2011.
(22) Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine, né le 21 octobre 1790 à Mâcon et mort le 28 février 1869 à Paris. Poète et prosateur.
(23) ) Francisco de Jasso y Azpilicueta, né le 7 avril 1506 à Javier et décédé le 3 décembre 1552 sur l'île de Sancian. Missionnaire jésuite.
(24) Flavius Josèphe, né vers 37 à Jérusalem et mort vers 100 à Rome. Historien romain du Ier siècle d'origine juive et de langue grecque.
(25) Terme générique qui depuis l'empereur Théodose désigne les religions dites païennes, c'est-à-dire non-monothéistes.
(26) Édouard Drumont, né le 3 mai 1844 à Paris et mort le 3 février 1917, id. Journaliste, polémiste et écrivain, fondateur du journal "la Libre parole".
(27) Reine Victoria, née Alexandrine Victoire de Hanovre, le 24 mai à Londres 1819 et décédée le 22 janvier 1901 à Osborne.
(28) Charles Louis Napoléon Bonaparte né le 20 avril 1808 à Paris et mort le 9 janvier 1873 à Chislehurst. Premier président de la République française, élu le 10 décembre 1848 au suffrage universel masculin avant de devenir empereur des Français sous le nom de Napoléon III du 2 décembre 1852 au 4 septembre 1870.
(29) Comte de Mac Mahon, duc de Magenta, né le 13 juillet 1808 au château de Sully et mort le 17 octobre 1893 au château de la Forêt, à Montcresson. Maréchal de France et 3e Président de la République française, du 24 mai 1873 au 30 janvier 1879.
(30) Charles Martial Allemand Lavigerie, né le 31 octobre 1825 à Bayonne et mort le 26 novembre 1892 à Alger. Fondateur de la Société des missionnaires d'Afrique (les Pères blancs), archevêque d'Alger et de Carthage et cardinal en 1882.
(31) Religion monothéiste dont Ahura Mazdâ est le dieu, seul responsable de la mise en ordre du chaos initial, le créateur du ciel et de la Terre.
(32) Héraclius Ier, né vers 575, règne de 610 à 641. Empereur byzantin, d'origine arménienne et fondateur de la dynastie des Héraclides.
(33) Un des deux affluents majeurs du Jourdain. Elle sépare Israël et la Jordanie dans sa partie la plus basse, et la Syrie de la Jordanie dans sa partie haute. Elle forme la limite sud du plateau du Golan.
(34) Fleuve d'Asie de 2 780 km de long. Forme avec le Tigre dans sa partie basse la Mésopotamie, l'un des berceaux de la civilisation.
(35) Paul de Tarse (à l'origine Saul), né vers 8 à Tarse, en Cilicie et mort vers 67 à Rome. L'une des figures principales du christianisme, autant par le rôle qu'il a joué dans son expansion initiale, que par son entendement de l'enseignement de Jésus.
(36) Pierre de Frédy, baron de Coubertin, né le 1er janvier 1863 à Paris et mort le 2 septembre 1937 à Genève. Historien et pédagogue.
(37) Kalaripayat signifie, en malayalam, «le lieu des exercices», de kalari et payatt dérivé de «Payattuka» signifiant combattre, s'exercer. Le kalarippayat serait, avec le Varma Kalai, originaire de l'État voisin du Tamil Nadu, l'une des plus anciennes techniques martiales et mais aussi médicales connues.
(38) Bodhidharma, moine bouddhiste probablement originaire du sud de l'Inde. Fondateur légendaire en Chine de l'école Chan, courant contemplatif du mahāyāna, devenue au Japon l’école Zen connue en Occident.
(39) Baïbars, né en 1223 et mort le 1er juin 1277 à Damas. Un des commandants des forces qui ont infligé une défaite dévastatrice sur la septième croisade du roi Louis IX.
(40) Hulagu Khan, né en 1217 et mort le 8 février 1265. Un fils de Genghis Khan. L'armée de Hulagu a considérablement augmenté la partie du sud-ouest de l'empire mongol, fondant l'Ilkhanate de Perse, un précurseur à la dynastie certaine de Safavid, et puis l'état moderne de l'Iran. Sous la conduite de Hulagu, les Mongoles ont détruit le plus grand centre de la puissance islamique, Bagdad, et ont également affaibli Damas, causant un décalage d'influence islamique au Mamluks au Caire.
(41) Rouhollah Mousavi Khomeini, né le 24 septembre 1902 à Khomein et mort le 3 juin 1989 à Téhéran. Dignitaire religieux possédant les titres d'ayatollah et de seyyed. Guide spirituel de la révolution islamique (1979) qui renversa le shah d'Iran.
(42) Bachar el-Assad, né le 11 septembre 1965 à Damas. Président actuel de la République arabe syrienne.
(43) Attila, mort en 453. Roi des Huns de 434 à 453.
(44) Mahomet, né à La Mecque en 570 et mort à Médine en 632. Chef religieux, politique et militaire arabe. Fondateur de l'Islam.
(45) Auguste, d'abord appelé Octave puis Octavien, né le 23 septembre 63 av. J.-C. à Rome et mort le 19 août 14 ap. J.-C. à Nola.
(46) Aurélien, né vers 207 et mort en 275. Il refait l’unité de l’empire romain et entame des réformes religieuses et monétaires qui annoncent celles de la tétrarchie, dix ans plus tard.
(47) Gaius Aurelius Valerius Diocletianus, né en Dalmatie en 245 et est mort en 313. Empereur romain du 20 novembre 284 au 1er mai 305.




 


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