jeudi 21 juin 2018

Eoliennes en mer : le grand bluff et pour qui le jackpot?

http://www.geopolitique-electricite.com/
Lionel Taccoen

Hier, 20 juin 2018, le Président de la République a déclaré que les six projets français de parcs éoliens en mer "étaient confirmés". Il s'agit de ceux de Saint-Nazaire , Courseulles, Fécamp, Saint-Brieuc, le Tréport et Yeu-Noirmoitier. L'ensemble devrait constituer une puissance installée de l'ordre de 3 000 MWe.

Une éolienne ne fonctionne pas continuellement à sa puissance nominale , mais suivant la force du vent. Le parc éolien marin allemand de Bard Offshore 1, de 400 MWe, considéré comme particulièrement performant "produit jusqu'à 1,5 TWh par an". ( D'après son site web). Race Bank, le très récent parc éolien marin britannique de 573,3 MW "pourrait produire 1,9TWh/an" (Cf. "Connaissances des énergies").
Admettons que les six parcs français égaleront ces bonnes performances. En ce cas, ils pourraient, presque, produire 10TWh/an.
"Le coût initial pour l'Etat était de 40 milliards d'euros, contre 25 milliards désormais" (Les Echos, 21/6/2018). Auquel s'ajoutera la prise en charge par RTE du raccordement au réseau : deux cent millions d'euros pour chacun des six parcs. Ce qui amène la facture totale à 26,5 milliards d'euros.
26,5 milliards d'euros pour une production annuelle maxima de l'ordre de 10TWh.

Les investissements pour les centrales thermiques ou hydrauliques conduisant à cette production annuelle sont beaucoup plus faibles. Arrêtons nous aux investissements relatifs à la centrale nucléaire EPR de Flamanville considérés comme très élevés.
Leur montant probable est de 10,5 milliards d'euros. La production escomptée est également de 10 TWh.

La durée d'exploitation d'un EPR est de soixante ans. Celui d'un parc éolien terrestre est en moyenne de 20 ans. En mer, les vents sont plus réguliers, mais l'ambiance marine est moins favorable à la pérennité des matériels. Il est peu vraisemblable que la durée d'exploitation dépasse la moitié de celle de l' EPR.
Le parc éolien français a donc un coût remarquablement élevé: plus du double de l' EPR de Flamanville pour une production similaire et une durée de vie deux fois moins élevée

Pour compléter
Eoliennes en mer : le grand bluff


Les pales des éoliennes d’un parc marin victimes d’érosion au large du Kent, au Royaume-Uni
13 mars 2018

(...) En l’espace de quelques années depuis l’ouverture du plus gros parc éolien offshore, les pales des turbines ont été gravement atteintes par l’érosion au point de nécessiter des réparations d’urgence. " 140 éoliennes sur 175 vont ainsi devoir subir des travaux représentant des millions de livres, au point que ceux qui critiquent cette énergie dite durable demandent si elle est justifiable du point de vue économique. Les turbines étaient supposées fonctionner sans problème pendant 20 ans : c’était la promesse du fabricant Siemens."

Les composés métalliques des aérogénérateurs polluent la mer du Nord avec de l'aluminium et des métaux lourds
Février 2015

Les 6 500 éoliennes en mer allemandes prévues en 2020 vont rejeter 13 000 tonnes de composés métalliques dans la mer, selon les informations recueillies par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.
« … Avec la poursuite de l’expansion des éoliennes en mer, des milliers de tonnes de composés de métaux toxiques vont être répandus dans la mer du Nord et la mer Baltique dans les années à venir.
La raison est l’utilisation d’« anodes sacrificielles » pour éviter la rouille des pylônes en acier des parcs éoliens. Pour protéger l’acier, les anodes sacrificielles, qui se composent principalement d’aluminium, mais aussi de zinc et de métaux lourds, se dissolvent progressivement dans l’eau. (protection cathodique)
Sur une durée de vie de 25 ans, uniquement avec la protection contre la corrosion des fondations d’acier sur lesquelles les éoliennes sont installées, jusqu’à dix tonnes d’aluminium seront libérées dans l’eau de mer pour chaque fondation d’éolienne, selon les information recueillies par le SPIEGEL Ce calcul a été établi par l’office fédéral de la Construction hydraulique.
L’objectif de développement de 6 500 MW d’éolien offshore d’ici 2020 pourrait signifier une pollution supplémentaire d’environ 13 000 tonnes d’aluminium pour les mers du Nord et Baltique.
Il est possible de protéger l’acier de la corrosion marine électriquement, technique connue pour les bateaux, mais technique plus coûteuse » …

Des centaines d'aérogénérateurs penchent en mer du Nord
Avril 2015

« Des centaines d’éoliennes situées en mer ne sont plus droites et menacent de pencher encore plus. Le ciment utilisé lors de la construction, il y a environ cinq ans, était censé éviter ces désagréments, mais il a souffert du sel, des vagues et de la météo en général, indique mercredi Eneco. L’entreprise énergétique néerlandaise assure néanmoins que les éoliennes ne représentent aucun danger, mais elles ne peuvent néanmoins plus être à leur rendement optimal. L’entreprise effectue actuellement des réparations sur 60 de ces éoliennes situées dans le parc Princesse Amalia, au large des Pays-Bas. Eneco ne souhaite pas communiquer les coûts impliqués. »
Ferme éolienne Princess Amalia est le parc électrique en mer le plus important des Pays-Bas, avec des éoliennes de 2MW à 23 kilomètres de la côte dans une eau de 19 à 24 mètres de profondeur.

273 pales d'aérogénérateurs en mer vont être rapatriées à terre au Danemark
Janvier 2015

« Le groupe danois Dong Energy vient d’annoncer l’ouverture d’un chantier de réparation et de modernisation des 273 pales des éoliennes du champ offshore Horns Rev 2 de 209 MW, dont il est l’opérateur. Cinq ans après l’inauguration du parc, situé en mer du Nord, au large des côtes danoises, les pales des 91 turbines de 2,3 MW fabriquées par l’allemand Siemens, montrent « une érosion plus importante que prévue », indique Dong.

L’usure est surtout visible à l’extrémité des pales où le mélange eau, sel et sable dans des vents jusqu’à 280 km/h, cause le plus de dégâts. Une inspection est, cela dit, programmée pour connaître l’origine exacte du problème. Quant à la réparation, elle consistera en la pose d’un revêtement en caoutchouc, dont Siemens équipe désormais ses modèles.

Le rapatriement des pales sur la terre ferme, à Esbjerg, qui doit débuter en mai, sera mis à profit pour installer sur ces pales de nouveaux composants aérodynamiques. Dong espère accroître ainsi la production de son champ de 1 à 1,5 %. Cela représenterait alors l’équivalent de deux nouvelles éoliennes. Le chantier est prévu pour être achevé à l’été 2016. »

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