Panne à la gare Montparnasse : compétence ne rime pas avec connivence

 Ludovic Grangeon



La panne à la gare Montparnasse a immobilisé 200 trains
 
Voici juste trois ans, en juillet 2015, trois ans, une curieuse nomination a cumulé de bien étranges manœuvres. Un député, de surcroit président de la commission des affaires économiques, François Brottes, s’était vu confier une « mission sur la sécurité de l’approvisionnement électrique » au mois de février 2015. Il faut croire que cette mission n'a pas été très efficace, puisque ce même ancien député est devenu le Président de RTE, la filiale d’EDF qui vient de provoquer la panne catastrophique de la gare Montparnasse en pleins départs de vacances.
Pourtant, une confortable rémunération de 35 000 euros par mois, 30 fois le SMIC, plus avantages, devait lui permettre de multiplier par cinq son salaire de député socialiste . Il aurait ainsi toute la vigilance nécessaire pour exercer à ce poste la compétence particulière qu’il avait acquise à la tête de la "mission sur la sécurité de l’approvisionnement électrique", qui lui avait été confiée.
Nous payons aujourd’hui les conséquences de ce système où la connivence a primé sur la compétence

Cette curieuse opération s’était doublée de deux procédés tout aussi étranges. La mission avait été prolongée de quelques semaines au-delà de six mois pour permettre le remplacement en catimini de ce député par son suppléant, sans procéder à une élection législative partielle dont le résultat défavorable était craint. Mais encore plus : ce même député chargé d’une mission sur l’approvisionnement électrique était nommé en juillet 2015 à la tête de l’organisme qu’il venait de surveiller en tant qu’élu, ce qui est proscrit. De très nombreuses personnalités avaient soulevé ce problème de conflit d’intérêts. Mais cette opération avait personnellement été surveillée par François Hollande qui veillait à reclasser ses fidèles avant un naufrage annoncé, et elle s'était oubliée dans la torpeur de l'été.

Aujourd'hui nous payons l'addition : alors que la SNCF avait pris soin de tripler les réseaux d’alimentation électrique de Montparnasse, RTE a tout simplement relié les trois réseaux au même poste, réduisant à néant les précautions de la SNCF. RTE devra indemniser la SNCF en millions d’euros, tout cela pour des considérations de circonstances que nous paierons de toutes façons au final. Peut être le Président de RTE goûtait-il des vacances privilégiées grâce à sa très confortable rente, pendant que des milliers d'usagers des transports suaient à grosse gouttes dans une gare Montparnasse paralysée.

Ce même député s’était en plus fait remarquer
pour avoir soutenu, avec une très étrange vigueur, des mesures exorbitantes en faveur de l’éolien qui ont également abouti à fragiliser considérablement le dispositif électrique national. Cette opération a permis à quelques entrepreneurs de faire fortune grâce à une taxe financée par le contribuable sans risque, et même de planquer ces fortunes à l'étranger. D’une part, l’électricité produite n’est toujours que de 4 % de la consommation nationale au bout de dix ans d’efforts gigantesques et de complaisances douteuses. Malgré la prolifération d’éoliennes, la production est incertaine 4 jours sur 5, ce qui nécessite de les doubler par des centrales... thermiques !!! et même au charbon, comme en Allemagne où le prix de l'électricité a doublé alors qu'il n'a augmenté "que" de 35 % en France. Ces errements ont placé 12 millions de Français en précarité énergétique.


D’autre part la complaisance politique envers ce système pour s’amadouer les verts a aggravé la trésorerie d’EDF de 4 à 5 milliards d’euros qui ne seront remboursés par l’Etat que d’ici dix ans si tout va bien. De nombreuses personnalités, élus locaux, parlementaires, responsables de partis politiques, vont régulièrement "éclairer" les milieux des énergies renouvelables par des conférences très confortablement rémunérées, des voyages, ou des "chartes morales de développement" sur lesquelles il serait opportun également de mettre la lumière, car tout ce système est financé à 100% par le contribuable, même quand il n'est pas imposable sur le revenu.

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